Ça sent mauvais…Encore la politique face à la morale

On s’accorde à dire qu’en politique, il n’y a point de morale, mais ce qui fait débat dans notre espace public renvoie inexorablement à la vertu. L’incroyable proposition de faire un jet Locales, Législatives et Présidentielle en 2019, Me Ousmane Ngom pris en flagrant délit de déballage, le Ps, décidé à être aux côtés de Macky Sall et à briguer les suffrages à la prochaine Présidentielle, Souleymane Ndéné Ndiaye, ancien Pm libéral, se sépare de Wade, lui-même Wade, ancien chef d’Etat, affirmant être capable d’être à la tête d’un mouvement armé ou le dernier débat sur un renoncement à un mandat de 5 ans sont autant de sujets à tonalité hautement morale.    

Ça sent, à nouveau, l’indécence dans l’espace politique. Et les puanteurs exhalent à partir de l’Union pour le renouveau démocratique (Urd). Son leader, Djibo Leyti Kâ, inspiré par on ne sait quel génie maléfique a jeté un pavé dans la mare. Sa proposition de tenir en un jet Législatives, Locales et Présidentielle en 2019 frise une abjecte compromission. La proposition donne à croire que Djibo cherche à tout prix à rassurer le chef de l’Etat. « Je suis avec toi quoi qu’il arrive ! », semble-t-il s’écrier. L’idée est naturellement systématiquement rejetée par des ténors de l’Apr. Ils ont raison. Autrement, l’opinion pourrait croire que la mouvance présidentielle, sûre de déroute en 2017, voudrait trouver une parade. Même thématique morale dans ce divorce opéré par l’ex-Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye avec le Parti démocratique sénégalais (Pds) et les piques de son ancien patron, Me Wade. L’opinion a dégouliné de honte en voyant le dernier Pm de Wade rompre avec le Pds. Aussi méritant qu’il soit, peu de monde attendait Souleymane Ndéné Ndiaye à cette station. Son envergure intellectuelle, encore moins son engagement aux côtés du Pds, sont largement en deçà de la récompense que Wade lui avait faite.

Le débat moral est là lorsque Wade, ancien chef d’Etat fort de deux mandats, appelle du pied l’armée et agite l’idée de rébellion. C’est la même controverse morale qui avait empoisonné le pays avec cette volonté de certains caciques de l’Alliance pour la République (Apr) de tordre la main à Macky Sall qui s’était engagé à écourter son mandat par le biais d’un référendum. Même climat avec le Parti socialiste décidé à rester encore aux affaires ! Alors que tout l’invite à sortir du gouvernement. La bagarre engagée par Jds finira, tôt ou tard, par une nouvelle rébellion du genre Malick Noël Seck. Et une seule question hante les esprits : comment le vieux mammouth démêlera l’équation de sa présence dans le gouvernement ? Les Législatives approchent à grands pas, Khalifa Sall fait son chemin, le Ps, membre du gouvernement depuis 2012 continue de claironner sur tous les toits qu’il briguera les suffrages des Sénégalais, à la Présidentielle, rose en main. Du moins certains caciques. La question agace même quelqu’un comme l’honorable député Barthélémy Dias. « Que tout le monde le sache, notre objectif est de conquérir et d’exercer le pouvoir. Nous sommes en train de préparer la présidentielle de 2017 », avait déclaré le député socialiste dans les colonnes du quotidien L’Observateur. Moins ferme, mais même agacement noté chez le secrétaire général du Ps. Accroché à Tivaouane où il était parti rendre visite à un camarde endeuillé, Ousmane Tanor Dieng s’est fait offensif contre les attaques répétitives comme celles proférées par le ministre d’État, Mbaye Ndiaye.

Une étonnante bourrasque, partie de l’Alliance pour la République (Apr), avait soumis la coalition au pouvoir à rude épreuve. Au centre de la querelle : la légitimité pour les alliés, encore aux affaires, de présenter un candidat. L’argument puise dans le registre de la morale : continuer à jouir des  bienfaits du pouvoir pour, ensuite, se retourner contre lui en 2019. Des ténors de l’Apr comme l’ex-Premier ministre Aminata Touré, Mahmouth Saleh et Moustapha Cissé Lô avaient porté cette offensive à visage découvert.

C’est encore la morale qui est convoquée dans l’affaire du coup de téléphone de Wade à Macky Sall deuxième tour de la Présidentielle de 2012. Allié de Diouf contre Wade en 2000, Me Ousmane Ngom ne croyait pas revenir aux affaires lorsque l’alternance s’est installée. Le « miracle » s’est pourtant réalisé. D’abord ministre-conseiller, Me Ngom s’est retrouvé au cœur du pouvoir comme ministre de l’Intérieur. Non content de prendre ses distances avec son bienfaiteur, il met sur la place publique un secret qui va fragiliser le pape du Sopi. Et donner à croire que la morale est bien le thème majeur de la politique dans notre pays.

ARI de xibaaru