Appel au dialogue entre opposition et camp présidentiel: Va-t-on vers des retrouvailles de la grande famille libérale ?

Le Président Macky Sall, en présentant ses condoléances, samedi dernier, à la libérale Oumou Salamata Tall, a saisi cette tribune, qui est loin d’être officielle, pour lancer un appel au dialogue entre lui et ses opposants. En ouvrant cette brèche, à laquelle il a toujours été sourd malgré les invites incessantes des membres de l’opposition, le leader de l’Alliance pour la République (APR) semble visiblement, s’inscrire dans une logique qui, il faut le noter avec force, ambitionne de dépoussiérer une situation politique très tendue marquée par quatre années de passes d’armes et de confrontations très tendues entre lui et ses anciens « frères » libéraux. Et, la traque des biens « mal acquis » qu’il a initiée contre l’ancien régime de Me Abdoulaye Wade dès son accession à la tête du pays en 2012,  reste une des causes de cette situation politique complexe qu’il tente, aujourd’hui, de solutionner.

Des libéraux dubitatifs

«Pacifiste» ou «machiavélique», c’est selon. La posture actuelle du quatrième locataire du Palais de la République vis-à-vis de son ancienne famille libérale, ne semble pas, du moins, laisser indifférent les camarades de Me Abdoulaye Wade qui laissent installer le doute par rapport à la sincérité de cet appel au dialogue émis par le chef de l’Etat. Invité avant-hier sur Walf Tv, Doudou Wade, ancien président du groupe parlementaire du Pds, s’inscrit dans cette perspective.

Considérant que M. Sall est toujours dans la logique de son combat d’«anéantir» son opposition plus particulièrement le Pds, Doudou Wade laisse planer le doute : «Dans la pratique, le Président ne fait rien pour dialoguer, instruire le dialogue et pérenniser la stabilité politique. Malgré toutes les structures qui ont été inventées par ci par là et qui ne servent à rien. Nous, nous avons nos préoccupations.» Sauf qu’on ne doit pas être partisan du «jamais» en politique. Seules les montagnes ne se rencontrent pas, dit l’adage.

En tout cas, contrairement à son camarade Doudou Wade, le porte-parole du Pds ne semble pas cracher sur cet appel. Toutefois, il reste dubitatif et se veut prudent : «Le Pds ne peut pas rester insensible aux soubresauts de notre société. Seulement, nos ambitions de lui (Macky Sall) imposer une cohabitation en 2017 et le remplacer à la tête de l’Etat, sont intactes. Et pour qu’il y ait retrouvaille, il faut d’abord que le Président qui est le principal bénéficiaire de cette stabilité politique, déclare solennellement sa volonté d’engager un dialogue sincère et inclusif…»

Cet appel du Président Macky Sall est bien accueilli par les responsables de l’Apr. Ledit camp semble y apporter une importance capitale. D’ailleurs, ils confortent leur leader dans sa déclaration qu’ils trouvent «raisonnable» pour apaiser le climat politique très tendu entre ces deux formations. Plus loin, ils se disent être favorables aux retrouvailles de la grande famille libérale parce que leur parti est issu des flancs du Pds qui regorge des cadres compétents capables de porter le Plan Sénégal émergent (Pds), programme politique de la mouvance présidentielle.

Emprisonnement de Karim Wade, un obstacle majeur !

Bonnes initiatives dans la mesure où elles peuvent, entre autres considérations, permettre de contribuer à la rationalisation des partis, de clarifier le débat par rapport à la force politique des différents partis, d’assainir le milieu, etc.

Malheureusement, ce dialogue politique risque de se heurter à une barrière humaine: l’emprisonnement de Karim Wade, candidat du Pds à la prochaine élection présidentielle, mis en prison par la CREI (Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite) dans le cadre de la traque des biens mal acquis enclenchée par le Président Macky Sall. Décriant la légalité de cette Cour, sa démarche «sélective» et «arbitraire», les libéraux portent en bandoulière la libération de leur candidat comme un préalable au dialogue politique. D’ailleurs, ils en font une condition incontournable parmi tant d’autres pour arriver à ce rapprochement entre ces deux partis. Elle semble être la clé de voute.

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