AIda Mbodj se bat pour son poste…Et Diouf Sarr fait de la politique : Et les chômeurs Sénégalais ?

Cumul de mandats, une injustice sociale entre gouvernants et gouvernés!

Le constat est patent. Notre cher Sénégal, pays où les paradoxes sociaux n’ébranlent personnes : ils laissent de marbre les «guetteurs» des derniers publics. Et, peu importe la nature de ce dont nous allons faire état. Nominatif ou électif, le cumul de mandats, hormis les conceptions qu’il peut admettre, fait partie des facteurs qui creusent l’écart entre gouvernants et gouvernés (administrateurs et administrés), alimente l’injustice entre have et have not (riche et pauvre).

Avec une population fortement composée de jeunes dont on estime à environ 60 %, il est choquant de laisser le phénomène de cumul de mandats percer au Sénégal au moment où certains de ses fils bien formés peinent à trouver un emploi décent. De ce point de vue, la destitution de Aïda Mbodj à la tête du Conseil départemental de Bambey par le ministre des Collectivités locales, Abdoulaye Diouf Sarr, pour cumul de mandats, peut être bien reçue à condition qu’on accepte de l’analyser avec le recul qu’il faut, en faisant taire notre centre de géographie affective pour adopter une posture critique («axiologique»).

En un mot, point n’est besoin de faire dans l’élitisme, de disserter  sur le sujet en faisant état des textes que l’on peut tronquer en fonction de ses intérêts du moment. Par contre, on se tient tout simplement au bon sens : on doit se mettre dans une démarche qui vise une répartition équitable des ressources du pays au grand bonheur des plus méritants. A cause de ces cumuls de fonction, au-delà de plusieurs phénomènes qui peuvent entrer enjeu (captation des ressources par une seule classe sociale, mal gouvernance, la pauvreté, etc.), bon nombre de jeunes, frappés par le désespoir, n’hésitent pas de frapper à la porte de l’Europe en traversant l’atlantique avec des pirogues. Bref, c’est dire que les conséquences de ces cumuls sont énormes et néfastes dans notre pays qui prétend tendre vers l’émergence d’ici 2035. Et les gouvernants actuels en font état à chaque sortie. Plus loin, ils ponctuent leur discours de tous les jours. Et, peut-on émerger dans ces conditions où une classe sociale se propose pour tâche première : de profiter de son statut du moment en s’accaparant de nos richesses ?

Logique pour logique : Les autorités étatiques doivent aller jusqu’au bout de leur logique. Et, il faut que ladite mesure dépasse la personne de Aïda Mbodj qui, selon la presse locale, n’est pas la seule personne politique être dans cette situation. Les médias ont aussi fait état de certains acteurs politiques qui se situent dans le camp de la mouvance présidentiel. Et, le ministre Diouf Sarr, par ailleurs maire de sa localité, Yoff, ne mérite-t-il pas d’être passé en revue? Maire-ministre ou ministre-maire. Ça sonne mal à l’oreille.

Sans citer le cas de la libérale, le Président Macky Sall, dans sa dernière déclaration faite à Paris avant-hier, a indiqué que toutes les personnes qui sont dans cette situation vont subir le même sort. Abdou Mbow, vice-président à l’Assemblée nationale, par ailleurs responsable politique de l’Alliance pour la République (Apr), est allé plus loin que le chef de l’Etat hier en soulignant que «l’administration a fini d’identifier tous les cumulards de mandats électifs et qu’ils seront destitués de leurs fonctions, y compris ceux de la mouvance présidentielle». Librement à vous de formuler des discours de cette nature qui tendent à rassurer à l’opinion, à faire croire aux gens qu’il n’y a aucune dose politique relative à la destitution de la libérale. Parce qu’elle est, disent ses partisans, une adversaire politique redoutable dans sa localité. Et, malheureusement, au Sénégal, la plupart du temps, le discours politicien prend le pas sur l’action politique au sens noble du terme.

Sarah Dramé pour xibaaru.com