Abdoul Mbaye savait tout depuis 10 ans…Et il n’a rien dit

C’est dans la lettre réponse de Baba Diao à l’ancien premier Abdoul Mbaye que l’on apprend que l’ancien premier ministre était au courant de la création d’une banque par le sieur baba Diao lui-même alors que dans sa lettre ouvert au Président de la république, Abdoul Mbaye faisait semblant d’ignorer ce fait…

Et Baba Diao soulève aussi les étranges connexions entre Abdoul Mbaye et le monde des hydrocarbures…

Monsieur le Premier Ministre,

Est-il vrai ou faux que je vous ai proposé, dans votre bureau de Directeur Général de la Banque Sénégalo-Tunisienne sis à l’immeuble KEBE, Avenue Peytavin,  il y a une dizaine d’années, un projet commun de création de banque ?

Je n’ai jamais obtenu de réponse de votre part et vos récentes déclarations me permettent d’apprécier, sous un jour nouveau, votre silence d’alors.

Mon projet de création de banque au Sénégal est donc très ancien et à l’époque nul ne prédisait la découverte dans notre pays, de gisements de pétrole et de gaz.

Vous avez exercé le métier de Banquier durant de longues années et votre position actuelle vis-à-vis d’un projet que je porte – la création d’une banque au Sénégal- est étonnante car c’est à vous qu’il appartenait, compte tenu de votre profil de Banquier et de votre réputation dans le secteur,  de conduire actuellement un tel projet pour ce pays.

Vos déclarations sur les liens supposés entre mon  projet   de banque  et les découvertes récentes de pétrole et de gaz, en vue de contrôler les parts de production revenant à l’Etat, sont-elles donc destinées à influencer les institutions chargées de la délivrance des agréments ?

Heureusement que les organes d’accréditation des établissements financiers travaillent dans la rigueur et en toute indépendance et notre dossier de demande d’agrément sera certainement instruit comme c’est l’usage, selon les règles en vigueur dans la zone  UMOA

Dans votre lettre d’interpellation de Monsieur le Président de la République, fort curieusement, vous n’avez pas évoqué la question de la SAR

C’est la raison pour laquelle j’ai inscrit ce point dans ma réponse.

  1. La SAR (Société Africaine de Raffinage) et  les découvertes de pétrole et de gaz au Sénégal

Le devenir de cette entreprise aurait dû vous préoccuper compte tenu de sa place dans l’économie nationale.

L’implantation d’une raffinerie de pétrole et son maintien dans un pays découle d’une vision stratégique

Comme vous le savez, la raffinerie de Mbao a été créée depuis 1961 et elle continue de garantir, au Sénégal et à la sous-région, une sécurité en matière d’approvisionnement en produits pétroliers.

Le maintien de son exploitation n’est pas lié aux difficultés cycliques engendrant pertes ou profits mais obéit à une logique de sécurité et de constitution sur le territoire national de stocks.

En effet, l’existence  de stocks de pétrole brut non financés,  dans les réservoirs de la raffinerie,  constitue une réserve stratégique.

Pourriez-vous répondre, par oui ou par non, Monsieur le Premier Ministre, que vous avez recommandé avec insistance à l’Etat, après votre prise de fonction,  la fermeture de la raffinerie de Mbao  au motif qu’elle était budgétivore ?

De budgétivore, la SAR est devenue largement excédentaire.

Il vous appartiendra d’édifier les travailleurs de la SAR et les sénégalais sur votre position vis-à-vis de celle-ci.

La raffinerie de Mbao n’a pas été transformée en dépôt de produits pétroliers comme vous l’aviez fortement recommandé.

En ma qualité de Conseiller Spécial de Monsieur le Président de la République, je me réjouis d’avoir toujours défendu la thèse opposée à la vôtre ce qui me vaut aujourd’hui peut-être votre courroux.

Vous ignoriez probablement, que le choix de disposer d’une raffinerie, dans un pays, est une décision hautement stratégique.

La sécurité d’approvisionnement en produits pétroliers est un critère essentiel dans la conception et la définition d’une politique énergétique nationale.

Que serait-il advenu si le Sénégal avait assisté au démantèlement de sa raffinerie et à sa transformation en dépôt pétrolier, pour ensuite constater que le pétrole découvert dans notre sous-sol serait acheminé vers d’autres pays, raffiné et réexporté vers le Sénégal ?

La décision relative au maintien de l’outil de raffinage prise par Monsieur le Président de la République a épargné ainsi au Sénégal une telle incohérence.

Monsieur le Premier Ministre,

Auriez-vous des intérêts directs ou indirects dans le secteur de l’approvisionnement et du stockage de gaz butane au Sénégal car cela pourrait expliquer votre acharnement à défendre la thèse de la fermeture de la raffinerie et sa transformation en dépôt pétrolier, valorisant par le fait même, certains dépôts pétroliers.

Votre attitude à l’endroit de notre société, ITOC SA,  n’est pas nouvelle.

Déjà, dans votre livre ‘’SERVIR’’ publié juste après votre départ du Gouvernement, vous avez consacré un chapitre à notre Groupe  dans lequel vous parlez de nos activités dans le gaz butane au Sénégal.

Je n’avais pas jugé utile, à l’époque de sa parution, de répondre à vos allégations.

Vos salves répétées sur la société ITOC SA ont conduit plusieurs personnes ou organismes à confondre chiffre d’affaires et bénéfice et à évaluer, de façon rocambolesque, la fortune de son Président.

Monsieur le Premier Ministre,

Faudrait-il penser  que depuis votre départ de la Primature  vous soyez dans un état qui vous amène à être le nouvel accusateur public, Fouquier -Tinville des temps modernes ? ce nouveau rôle d’accusateur public vous pousse t-il à faire, toutes les semaines, des interpellations ?

A cette allure, il est fort à craindre que l’énergie déployée pour vous faire un nom sur l’échiquier politique ne vous propulse jusqu’à atteindre une vitesse dite de libération qui vous mettrait alors hors du système de libération terrestre.

Monsieur le Premier Ministre,

Cette lettre est la première et la dernière que je vous adresse, en mon nom personnel,  car des tâches autrement plus urgentes m’attendent, pour ma famille, pour mes amis, pour mes affaires et pour mon pays, le Sénégal.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma considération distinguée

Abdoulaye DIAO

Président du Groupe ITOC