Il accuse la CREI : Le Procureur savait comment me joindre, il m’appelait…

Le Président Henry Grégoire Diop a certainement raison de dire « qu’un prévenu en fuite, n’a même pas le droit à un avocat…D’autant plus qu’un mandat d’amener a été décerné contre lui ».
N’ayant donc d’autres moyens de m’expliquer, je vais choisir cette voie même si je ne la considère pas comme la plus idoine afin d’informer très respectueusement le Président du tribunal ainsi que ses assesseurs des raisons qui ont motivé mon départ du Sénégal en décembre 2012.
Monsieur le Président, je n’ai jamais voulu me soustraire à la JUSTICE car j’ai une vraie culture démocratique et républicaine, ce qui m’a d’ailleurs toujours empêché d’évoquer publiquement une affaire pendante en JUSTICE.
Pour étayer mon propos, je rappelle qu’en avril 2012 lorsque le juge d’instruction du 5ème Cabinet du Tribunal Régional de Dakar m’a convoqué pour une plainte de monsieur Cheikh Tidiane Ndiaye sur un contentieux qui nous oppose encore aujourd’hui, je me suis présenté bien qu’étant hors du territoire sénégalais au moment où j’accusais réception de la convocation.
Donc monsieur le Président, malgré mon respect des principes républicains qui veulent que nul ne soit au-dessus de la loi, après lecture de cette lettre, vous comprendrez mon refus de me faire prendre en otage par des personnes qui m’ont donné le sentiment d’être tout sauf des auxiliaires de JUSTICE ou Magistrats.
La manière avec laquelle mes auditions ont été menées, sans oublier le fait que les minutes de ces auditions se retrouvaient dès le lendemain sur la place publique, donnant le coup d’une campagne frénétique de dénigrements pour me ligoter et m’offrir en pâtures à la vindicte populaire ont conforté mon sentiment premier.
Pour couronner le tout, les conseils « fraternels » du Major Ngom avec lequel j’ai eu plusieurs altercations pendant ces auditions et qui par un coup de fil me suggéra « d’aller dans le sens du vent si je ne voulais pas finir comme un dégât collatéral » m’ont définitivement convaincu qu’il me fallait quitter le Sénégal.
Monsieur le Président, dans le souci de ne pas donner le sentiment de me soustraire, j’ai dès mon arrivée en France pris contact avec le Major Ngom pour lui donner mes coordonnées afin de pouvoir répondre aux questions éventuelles des enquêteurs. Ce qu’ils ont d’ailleurs fait à chaque fois que de besoin.
Malgré tout ceci le « Procureur Spécial » et son substitut ont préféré aller dans le sens de la propagande en me situant tantôt à Londres ou au Mali avec un mandat d’arrêt international qu’Interpol s’apprêtait à exécuter contre moi.
Monsieur le Président mon départ pour la France n’est pas une fuite mais plutôt un souci de préservation de mon intégrité physique car ne sachant pas à quoi je m’exposais dès lors que je refusais d’incriminer ou de charger monsieur Karim Wade.
Monsieur le Président si seul le souci de la manifestation de la vérité animait le « Procureur Spécial » et son Substitut, pourquoi ne pas avoir demandé à la justice française de m’entendre par le biais d’une commission rogatoire ?
Je n’avais nullement l’intention de me soustraire à la JUSTICE sachant que des conventions d’entraides judiciaire existent avec le Sénégal, la JUSTICE française me demanderait de rendre des comptes si j’étais convaincu d’un quelconque crime ou délit commis sur le territoire sénégalais.
Au contraire Monsieur le Président, j’accuse certains enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie sénégalaise ainsi que le « Procureur Spécial et son Substitut » d’avoir caché à la commission d’instruction de la CREI donc à vous le fait qu’ils étaient en relation avec moi et savaient comment me joindre.
J’accuse ces derniers d’avoir aussi caché toutes les informations mises à leur disposition qui auraient permis d’instruire à décharge.
Ces précisions faites sur mon absence devant votre cour monsieur le Président et puisque je n’ai pas le droit à un avocat…(à suivre la troisième partie)