Ousmane Sonko viré de la Fonction publique…

Ousmane Sonko est finalement révoqué, autrement dit destitué, démis, disgracié de ses fonctions d’Inspecteur des Impôts et Domaines, avec astucieusement, sans suspension de pension de retraite. Après de nombreux cas de partialité et d’injustice insolites et inédits, le Chef de l’Etat vient encore de prendre une décision qui parait bien arbitraire, impertinente et indigeste contre un Chef de parti d’opposition. Le Macky Sall, hier héraut et héros de la lutte contre l’injustice, en est ainsi à des décisions discrétionnaires et absolutistes qui mettent tous les acteurs civils et les personnalités politiques en sursis.
« Non ce n’est pas vrai », « c’est excessif », « c’est trop », «  ce n’est pas possible », « mais au nom de quoi il est révoqué », « c’est méchant ça », « c’est inamissible », « c’est inconcevable » !
Ainsi est la réaction de très nombreux citoyens à l’annonce de la révocation de Ousmane Sonko. A Sandaga, devant une cantine où les commentaires fusent, un homme d’une cinquantaine d’année se permet même de donner une autre lecture de cette décision : « C’est bien calculé, c’est prémédité. La décision tombe au même moment où son frère, Aliou Sall, l’attaque comme pour préparer le terrain ».

Et l’appréciation de cet homme rustre et illettré apparemment loin du labyrinthe de la théorie juridique et politique, rend bien compte de l’émotion qui a envahi l’écrasante majorité des Sénégalais et leur dépréciation de cette décision.
Indubitablement, Macky Sall devrait être poussé à signer à cette sentence qui en dit long sur la panique qui met le pouvoir dans un état de tourment. Les sorties atrabilaires de Ministres, Ministres-Conseillers et Députés APR contre Ousmane Sonko, la demande politique exprimée pour son licenciement par le Président du Groupe parlementaire de Benno Bokk Yakaar et la campagne de diabolisation et d’accusations de violation de secret professionnel traçaient déjà la voie à une décision de supplice.

Mal informé, sous informé ou peu informé, Macky Sall est dans un état d’autorité institutionnelle qui ne lui permet pas de recevoir de façon capillaire le degrés de désenchantement des Sénégalais alimenté par les dérives arbitraires et totalitaires de son régime politique.

Le limogeage de Nafi Ngom Keita est gravé dans le marbre de la mémoire collective. Les épinglés du rapport de l’OFNAC sont sujets de débats publics. En usant et en abusant de son pouvoir discrétionnaire, Macky Sall est entrain de rompre l’affectueux et solide lien qui le liait aux citoyens qui tolèrent tout sauf l’injustice.

Et un martyr politique naquit!
Abus excessif de pouvoir ? Colère atavique ? Influence politique malveillante ? Volonté de solder des comptes ? Quel bouleversement intérieur a donc secoué l’Autorité d’Etat à agréer une décision si excessive et volontairement déstabilisatrice contre un responsable politique qui s’oppose ?
L’alibi de non respect de l’obligation de réserve serait fort pertinent si des preuves étaient apportées pour démontrer que Ousmane Sonko a mis sur la place publique des informations de dossiers relevant directement de lui.
En le révoquant de la Fonction publique, le pouvoir APR crée un martyr politique dont le délit est l’ancrage dans le camp de l’opposition radicale et la révélation de forfaitures qui impliquent Institutions et proches du Président de la République. L’appareil d’Etat a servi d’arme de réplique et le coup jugé arbitraire par l’écrasante majorité des citoyens assené à Ousmane Sonko ne fait que le légitimer et le populariser auprès de l’opinion.
Communiqué gouvernemental ou apologie de l’arbitraire ?

Un communiqué de presse inédit et insolite accompagne le décret portant révocation de Ousmane Sonko de la Fonction publique. Pour la première fois, le Chef de l’Etat révoque un fonctionnaire et le porte-parole de son gouvernement se voit dans l’obligation de s’expliquer, un porte-parole qui perd de retenue devant, dit-il, un « Ousmane Sonko qui parle mal » !

C’est la preuve de la schizonévrose d’un pouvoir allergique à la contradiction et aux critiques, et de la gravité de la décision. L’inutile communiqué de presse servi au rythme d’une acrobatie juridico- historique, ressemble plus à une apologie de l’arbitraire qu’à une explication qui convainc.

La décision de révocation de Sonko est politique et la demeure.

Et un magistrat qui s’engage dans un parti politique, devenant Juge et Partie, n’entrave-t-il pas le principe du droit de réserve en violant son serment? Un ministre qui attribue sa nomination à l’épouse du Président de la République ne met-il pas dans la place publique une décision prise à l’insu de peuple ? N’a-t-il pas entravé le principe d’obligation de réserve ? Dire devant le monde avoir mis des coudes sur des dossiers qui concernent des personnes citées à répondre devant la CREI n’est-t-elle pas une violation du secret d’Etat, et par ailleurs du devoir de réserve ?
S’il en est ainsi, des Ousmane Sonko sont en pagaille dans le …maquis !

Pape Ndiaye

 

1 Comment

  1. UNE OPPOSITION FAIBLE ,MANQUE DE LEADER NI PROGRAMME VEUT TRANSFORMER LE CAS DE SONKO A UN PROGRAMME ELECTORAL .
    SONKO A FAUTE ET ON L’A SANCTIONNE COMME FONCTIONNAIRE DE LA FONCTION PUBLIQUE ET EN PLUS IL SERA AUDITE SUR SA PATRIMOINE FONCIERE .
    FASTEF N’A JAMAIS JAMAIS PRESENTE UN PROGRAMME DE SOCIETE SEULEMENT DES INVENTIONS SANS PREUVE SUR LA TABLES .
    AU SENEGAL ,LES GENS VOUS DISENT YOW LA YOW LA MAIS SI UN PROBLEME SE PRESENTE VOUS AURIEZ LA SOLIDARIETE POUR UN MOIS ET APRES ILS VOUS LACHENT .
    MON CHER SONKO ,IL FALLAIT AVOIR UNE BONNE PARTIE DES FONCTIONNAIRES DERRIERE VOUS AVANT DE MENER UNE BATAILLE ETANT DANS LA FONCTION PUBLIQUE .PARCEQUE TOUT AGENT EST UN SUBORDONNE DE L’ETAT .
    LES MEMBRES DU SYNDICAT DES IMPOTS ET DOMAINE SONT LES MEMES MEMBRES DU PARTI FASTEF ET ILS PARTAGENT LE MEME SIEGE DONC SONKO A TOUT POLITISE

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