Baldé sur la traque des biens : « On dit que vous avez l’air d’avoir de l’argent donc il faut justifier ce que vous détenez »

Abdoulaye Baldé est formel : la traque des biens mal acquis ne doit pas être sélective. Interpellé sur la question de la reddition des comptes avec laquelle il entretient des relations tendues, le député-maire de Ziguinchor a invité d’ailleurs à une gestion plus conséquente de cette affaire. Le patron de l’Union centriste du Sénégal (Ucs) s’est également prononcé sur la question de la réduction du mandat présidentiel et autre assainissement de Ziguinchor, un subterfuge de ses adversaires politiques pour tenter de le déstabiliser.
«La traque des biens mal acquis ne doit pas être sélective, elle ne doit pas non plus s’arrêter en 2017 », lâche amèrement le député-maire de Ziguinchor Abdoulaye Baldé qui demande par ailleurs aux initiateurs de la pétition sur la poursuite de la traque d’être beaucoup plus conséquents. Car, pour le président de l’Union centriste du Sénégal, «cette pétition ne doit pas être limitative, restrictive pour ceux qui avaient été accusés par l’ancien procureur de façon pompeuse… mais il s’agit de tous ceux sur qui peuvent peser des soupçons d’enrichissement illicite. Toutes ces personnes doivent passer devant la Cour … ».
Son dossier en instruction, l’ex-ministre sous le régime libéral a estimé par ailleurs que tous les régimes qui se sont succédé doivent passer pour rendre compte afin d’éviter de jeter une partie des Sénégalais en pâture et laisser d’autres. « La gestion de ce dossier de traque dégage un gout d’inachevé », a conclu le patron des « Centristes » qui reste convaincu qu’il y a beaucoup d’amalgame sur ce dossier qui ne concerne pas, à son avis, une quelconque reddition des comptes. « Il ne s’agit pas de reddition des comptes car nous n’avons jamais été épinglé par un corps de l’Etat, c’est juste au facies du client. On dit que vous avez l’air d’avoir de l’argent donc il faut justifier ce que vous détenez … » Toute chose qui pousse le maire de Ziguinchor à qualifier cette pétition de politicienne car, a-t-il dit, « Avant nous, d’autres auraient dû passer et après nous également, d’autres doivent passer, tous ceux qui ont géré des fonds depuis 1960 doivent être concernés et non pas se lancer dans une opération sélective … »