Wade n’est pas à l’origine de l’article 28 de la constitution…On accuse le vieux à tort

Depuis que le débat sur la nationalité de Karim Wade a été soulevé, tous les observateurs de la scène politique suivis dans leurs argumentaires par les presses du Palais, ont attribué à Wade l’introduction de l’article 28 dans la constitution de 2001.
Voici l’article en question
Article 28
« Tout candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques, être âgé de 35 ans au moins le jour du scrutin. Il doit savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle. »
Et tous les pourfendeurs du régime de Wade s’évertuait à dire que le vieux avait introduit cet article 28 en 2001 lors du référendum avant de vouloir l’enlever en 2011 pour vouloir faire de son fils son successeur…
Mais xibaaru va vous montrer avec preuve à l’appui que le président Wade est venu trouver cet article qui existait dans la constitution depuis 1963 sous Senghor et il n’a fait que reconduire cet article.
Dans la constitution sénégalaise de 1963, les termes de l’actuel article 28 étaient contenus dans l’article 23 de la constitution. Xibaaru vous donne le lien de la constitution de 1963 et vous verrez en son article 23 ce qui est inscrit : Cliquez sur le lien suivant
http://mjp.univ-perp.fr/constit/sn1963.htm#3
Il est bel et bien écrit
Article 23
« Tout candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques et être âgé de 35 ans au moins. »

Cet article n’a jamais été introduit par Wade car il existait dans la constitution du 7 mars 1963. Wade l’a reconduit mais il est passé sous l’article 28.
Donc c’est un faux procès de dire que c’est Wade qui était à l’origine de cet article. Il est passé article 28 parce qu’il y a eu des rajouts comme « avoir 35 ans au moins au jour du scrutin » et « Il doit savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle. »
Ces rajouts sont de Wade. Mais le fait que « le candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise » est la touche personnelle du premier président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor qui avait modifié la constitution au lendemain de la crise de 1962 avec Mamadou Dia.
Les presses du Palais et les apéristes voulaient attribuer à Wade un « wax waxeet » en faisant croire que c’était lui-même qui fut à l’origine de cette loi.
La constitution du Sénégal de 1963 dit tout le contraire : Wade n’a rien fait…
Penda Sow pour xibaaru.com

2 Comments

  1. On tente de déplacer ou de compliquer la chose depuis qu’il a été révélé au grand public que Me Abdoulaye Wade avait aussi la nationalité française. Or, cette affaire est très simple. Tout citoyen Sénégalais est libre d’avoir la nationalité qu’il veut. Mais, concernant Me Abdoulaye Wade, qui s’est présenté à quatre reprises à l’élection présidentielle, il se pose un énorme problème juridique qui frôle le parjure.
    En effet, la loi fondamentale de 1963 indiquait que, pour prétendre à l’élection présidentielle sénégalaise, le candidat devait être de «nationalité sénégalaise». En ce moment donc, les binationaux pouvaient participer à la course pour la Présidence, en gardant leur double nationalité. Mais avec la révision de la Constitution, tout candidat à la Présidentielle fait une déclaration sur l’honneur pour jurer qu’il est «exclusivement de nationalité sénégalaise», comme le mentionne l’article 23 de la loi fondamentale.
    Cette attestation, dictée par la Constitution, est communiquée au Conseil constitutionnel tout comme les autres pièces relatives au dépôt de candidature. Il se trouve que pour le cas de Wade, il a fait, à quatre reprises, une déclaration sur l’honneur attestant qu’il est de nationalité «exclusivement» sénégalaise alors que tel n’est pas le cas.
    Libération a appris de sources françaises autorisées que Me Abdoulaye Wade n’a jamais renoncé à sa nationalité française.
    Si les ministres et autres membres du Gouvernement peuvent avoir la double nationalité, ce n’est pas le cas du Président de la République. En assurant être de nationalité «exclusivement» sénégalaise, pour briguer à quatre reprises le poste de Président de la République et même diriger le Sénégal pendant deux mandats, Wade s’est…joué de la Constitution.
    Comme l’indique carrera.com, il existe trois façons de renoncer à sa nationalité française. D’abord, il y a la renonciation par déclaration : «un ressortissant français peut renoncer à sa nationalité par déclaration auprès du tribunal d’instance ou du consulat. La renonciation est ouverte aux français respectant les conditions suivantes : être majeur, avoir volontairement acquis une autre nationalité, soumettre sa déclaration au cours de l’année suivant l’acquisition d’une autre nationalité (et) résider habituellement à l’étranger.»
    Dans ce cas, l’intéressé a besoin des pièces suivantes : «un extrait d’acte de naissance, un acte de l’état civil ou des autorités de nature à prouver la nationalité française, un certificat prouvant l’acquisition de la nouvelle nationalité sa date, et son régime légal applicable, un justificatif de résidence habituelle à l’étranger (et) un justificatif selon lequel les obligations du service national ont été remplies (pour les personnes de moins de 35 ans).
    La deuxième procédure est la renonciation par autorisation expresse : «Un ressortissant français peut également renoncer à sa nationalité par demande adressée au ministre chargé des naturalisations, et déposée auprès du préfet ou du consulat. Le requérant doit prouver qu’il possède une seconde nationalité.»
    Enfin, il y a la renonciation par mariage avec un conjoint étranger : «Un ressortissant français peut en outre renoncer à sa nationalité à l’occasion de son mariage avec un ressortissant étranger. Les conditions suivantes s’appliquent : le ressortissant français doit acquérir la nationalité du conjoint, le couple doit résider à l’étranger.»
    Selon nos vérifications, aucune de ces démarches n’a été accomplie par Me Wade qui a attesté, sur l’honneur et à quatre reprises, être «de nationalité exclusivement sénégalaise.»

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