Trafic de sénégalais vers les pays arabes : La Dic interpelle 8 personnes

Un réseau bien huilé qui plaçait des employées de maison, carrément réduites à l’esclavage moderne en Arabie Saoudite et au Koweït, a été démantelé par la Division des investigations criminelles (Dic) qui a déféré huit individus devant le parquet, hier. Ils sont poursuivis pour traite de personnes, complicité de ce délit et association de malfaiteurs.

Une radio de la place a plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme sur un groupe d’individus qui plaçait des Sénégalais comme employées de maison et chauffeurs et qui les réduisait à des esclaves modernes, vu leurs conditions de travail inhumaines et les maigres revenus qui leur étaient imposés. La comédienne Aïssatou Sow dite Bébé Aicha fait partie des nombreuses victimes. Les frères S et I Dia étaient au cœur du réseau. Huit personnes ont été conduites hier devant le maître des poursuites pour association de malfaiteurs, traite de personnes et complicité de ce délit. Il s’agit des frères I et S Dia, de H Fall, T S Diouf, S Guèye, D Diop, F Diop et F Dramé. Les trois dernières personnes citées sont des femmes. C’est suite à de multiples plaintes, mais aussi d’informations émanant de représentants diplomatiques du Sénégal dans des pays du Golfe, notamment en Arabie Saoudite et au Koweït, que la Dic a ouvert une enquête. On note parmi les victimes, F Ndao, D Faye, A Ndiaye, A Diagne, D Ndiaye, A Sow, M Ndiaye, A Ndiaye. Certaines ont déposé une plainte, d’autres convoquées d’office. Les convoyeurs, nous informe une source proche du dossier, travaillaient en bande. Par exemple, Diop travaillait avec un Mauritanien et un Marocain, qui n’ont pas encore été interpellés parce que ne se trouvant pas actuellement au Sénégal. Ils ont convoyé plus d’une dizaine de personnes en Arabie Saoudite. Selon la majorité des victimes, le contrat était libellé en arabe, une langue qu’elles ne comprennent pas, donc elles ne connaissaient des termes du contrat que ce que leur racontait leur contact. C’est juste au moment de partir qu’on les informait de quelques détails et il était trop tard pour reculer. Il s’ajoute qu’une fois dans ces pays, on confisquait toujours leurs passeports et parfois leur téléphones portables. Lorsqu’elles veulent rentrer, on leur demande de rembourser le montant versé par leurs patrons pour leur convoiement. Les convoyeurs, qui reçoivent 100.000 à 150.000 Fcfa d’elles et aussi de l’argent des patrons, leur font miroiter des salaires de 300.000 Fcfa, mais elles se retrouvent avec 180.000 ou moins. En général, elles nettoient des immeubles de plusieurs étages de 6 heures du

matin à minuit. Pour sortir de l’enfer, certaines ont fait des grèves de la faim, d’autres ont simulé la folie. Une autre s’est échappée trois ou quatre fois, mais était toujours ramenée. Elles sont souvent victimes de violences. Une seule a fait état de tentative d’abus sexuels. A en croire certaines sources, trois chauffeurs, partis pour 300.000 Fcfa de salaire, convoyés par les frères Dia, ne perçoivent que 45.000 Fcfa et vivent dans des conditions dégradantes. En général, les convoyeurs sont des employés d’agences de voyage ou de douteux «hommes d’affaires» en quête de gain facile et illicite. L’As