Thiès sans eau depuis 10 jours…Les populations en colère

«A boire, à boire, par pitié.» C’est le hurlement de détresse des populations de Sud Stade Lat Dior, Fahu, Mbour I, Mbour II, Mbour III, Cité Lamy et Grand Standing qui s’étaient donné rendez-vous ce week-end près du château d’eau de la Sde, à proximité du Stade Lat Dior de Thiès pour solliciter une meilleure distribution du liquide précieux dans leurs quartiers respectifs.
«Ici, trouver de l’eau relève du miracle. A présent, on se lève à l’aurore pour espérer en avoir. Du fait de la pénurie d’eau, nos foyers endurent une souffrance inimaginable», gémit Adja Ngom, au milieu d’une foule réclamant à tue-tête le précieux liquide. «De l’eau, de l’eau», se lamentent, en chœur, les bonnes ménagères massées aux alentours du château d’eau de la Sde. Un bidon vide sur la tête, Fatou Mbaye estime que la coupe est pleine.

«On ne peut plus se doucher, ni boire à satiété, ni rien faire d’autre. Cette situation, on en a marre. Il faut que les autorités prennent leurs responsabilité et fassent revenir l’eau au plus vite.» Sa voisine, la dame Astou Dramé, tout en rouge, se détache de la foule pour exprimer sa complainte : «Cette situation est indigne de nos autorités. On ne peut pas payer l’eau chère et ne pas être approvisionné.» La mine déconfite, elle confie : «Cela fait plus de 10 jours que nous peinons à avoir une goutte d’eau dans nos maisons. Nous sommes fatiguées d’aller à la recherche du liquide précieux.»

Comme elle, Mame Diarra Ndiaye, qui vit la même galère, se désole : «Plus d’une fois, je me suis levée à 3 heures du matin pour surveiller le robinet, en vain. Ici, on achète l’eau depuis des jours, on passe des nuits blanches juste pour avoir de quoi assurer le petit déjeuner le matin, ou faire ses ablutions. On se demande comment peut-on parler d’émergence dans un pays où il n’y a pas d’eau.

Nos toilettes infestent, même pour faire à manger, c’est le chemin de croix», crache l’habitante du quartier Sud Stade Lat Dior. Excédées par la situation, les femmes font dans la menace. Pour opter la manière forte, à l’image des imams de Guédiawaye qui avaient décidé à l’époque de ne plus honorer leurs factures d’électricité. «Si la Sénégalaise des eaux (Sde) ne règle pas la situation au plus vite, leurs agents seront boutés hors de nos quartiers lorsqu’ils se présenteront pour relever nos compteurs. Pire, nous n’allons plus payer les factures.» Bouillante à 100%, Mame Diarra Ndiaye, elle, tempère par moments son discours et accorde le sursis à la Sde : «Nous leur donnons juste dix jours.»

Mal desservis, les quartiers en question recourent à l’achat de fûts d’eau pour leur ravitaillement. Et, c’est sans compter avec «l’indélicatesse» de certains charretiers véreux. Puisqu’à en croire la dame Adja Ngom, «le fût peut être vendu jusqu’à 1000 F Cfa, et dans la journée, on peut en acheter deux, voire quatre». «Assez ! On en a marre de ces problèmes d’eau», hoquetèrent nombre de bonnes dames qui, à défaut d’avoir leurs fûts d’eau, se rabattent sur le puits du coin pour se ravitailler. Un excès de colère qui découle surtout du caractère onéreux des factures. Du haut de son mètre 60, Adja Ngom dit crouler sous le poids des factures. Elle s’offusque du fait que la Sde lui ait servi une note salée de 25 000 F Cfa. «Comment peut-on me servir une telle facture alors que nous n’avons pas eu d’eau depuis bientôt une dizaine de jours», s’interroge-t-elle. Sénégal :
Dakarmatin