Table-ronde sur la laïcité s’ouvre au Sénégal ce jeudi

Une table-ronde sur la laïcité au Sénégal s’ouvre jeudi à Dakar, à l’initiative du Groupe refondation nationale qui a pour vocation d’approfondir et de recentrer les débats nationaux autour de questions d’intérêt général.
«Cette table-ronde du Groupe Refondation vise à approfondir ce débat en vue de contribuer à dégager les consensus nécessaires sur la question spécifique de la laïcité », explique un communiqué paru mardi.

« En deux journées, ajoute le communiqué, il s’agira pour les panélistes et participants (es) d’approfondir le débat sur différentes questions touchant spécifiquement la problématique de la Laïcité de nos institutions, d’analyser les forces et les faiblesses des modèles jusque-là appliqués et, dans le contexte de nos sociétés en mutation, de dégager des convergences possibles pour un meilleur devenir de notre nation et de l’Afrique».

Selon les initiateurs de la rencontre, les notions de République, de Démocratie, de Laïcité, de Droits de l’homme, etc. sont posées au Sénégal plus ou moins explicitement par de larges franges de la société depuis quelques années sous l’angle de la refondation nécessaire pour les adapter aux réalités sociales et culturelles du pays.

«Ces notions sont rabâchées depuis l’indépendance sans que la plupart des sénégalais en aient une réelle appropriation, qui leur permettre de construire du sens avec elles et les enchâsser dans une historiographie qui leur est accessible», souligne le communiqué.

Il ajoute que la « laïcité est notamment regardée souvent comme un corps étranger provenant d’historiographies éloignées des nôtres et surtout imposées dans le package de la colonie et de la post-colonie, sous un faux prétexte de mission civilisatrice ».

«Ils sont par ailleurs considérés comme des principes qui structurent le discours dominant et la pensée unique sur la gouvernance des sociétés globalisées. Par contre, une autre frange de la société considère ces principes comme immuables et comme adaptées à la configuration institutionnelle et politique en l’état. (…) En l’absence de débat constructif, des accusations d’anticléricalisme font face aux accusations d’intégrisme religieux», note le communiqué.