Révélations sur le taux de croissance et l’autosuffisance alimentaire…Un faux taux et de mauvais chiffres

Une révélation qui fera sans doute frémir le président de la république et son ministre de l’économie et des finances.

Saliou Sarr (photo ci-dessous), coordonnateur technique des programmes à Asprodeb (l’Association Sénégalaise pour la Promotion du Développent par la Base) estime que le taux de croissance de 6,5% annoncé par le gouvernement est inexact. Il affirme par ailleurs que le Sénégal ne pourra pas atteindre les objectifs d’autosuffisance en riz fixés par le gouvernement pour 2017. M. Sarr estime qu’il y a des problèmes de statistique et de gouvernance du secteur riz.

saliou sarr asprodeb« Non, on ne pourra pas l’atteindre, ça c’est sûr parce qu’en cette contresaison on devait être à 65 000 hectares, mais d’après les données de la SAED on est à moins de 40 000. 0n est au tour de 37 000 à 38 000 hectares. Et le constat que j’ai fait depuis cinq ans quand on en arrive à 30 000, à 35 000 hectares de contresaison, la campagne d’hivernage qui suit les superficies emblavées en hivernage baissent. Cela veut dire qu’en 2016 encore on ne va pas atteindre les objectifs. Si on est à des niveaux pareils, on reste très loin des objectifs de 70 000 hectares que nous devons atteindre en hivernage et en contresaison en 2017. C’est pourquoi nous avons demandé qu’on fasse une évaluation à mi parcours, comme c’était 2014-2017, c’est 8 campagnes, 4 campagnes d’hivernage et 4 campagnes de contresaison. On a fait 2 campagnes de contresaisons et 2 campagnes d’hivernages, on devait s’arrêter pour voir quels sont les niveaux d’atteinte, quels sont les problèmes, pourquoi et comment. Et que faire même ? J’avais constaté qu’on avait suffisamment de tracteurs pour pouvoir emblaver 60 000 à 70 000 hectares en contresaison, parce que si on a 50 000 ou 60 000 hectares en hivernage, qu’on veuille encore faire à nouveau en contresaison et qu’on démarre la récolte au mois de décembre, entre le mois de décembre et la campagne de contresaison on a que deux mois et demi. 

Comment en deux mois et demi et même voire trois mois on peut récolter 50 000 hectares, voire 60 nuits et les façonner pour pouvoir les semer avant la fin mars. C’est techniquement impossible. C’est pourquoi je disais, à partir de ce constat là, et même avec 100 tracteurs disponibles pour trois mois, j’appelle à ce qu’on corrige nos hypothèses de travail pour cibler 35 000 voire 40 000 hectares en contresaison et faire le maximum en hivernage, donc 80 000 à 90 000 hectares. Mais on ne m’a pas entendu. La preuve en tout cas on a continué. Le DG de la SAED et le ministère étaient en train de dire que la contresaison de 2016 sera la contresaison la plus productive en termes de superficies et de rendements. La preuve, on n’arrive pas à 40 000 alors qu’on devrait être à 65 000. Donc, c’est pour dire en fait que dans ce pays on a des problèmes de statistique, et de gouvernance du secteur. Et tant que les acteurs ne seront pas au centre pour piloter la gouvernance du secteur on ne va pas atteindre les objectifs. Tant que nos gouvernements vont prendre des engagements et qu’ils ne les respectent pas, on n’atteindra pas nos objectifs. Et ce qui est dommage, ce sont les ministères qui donnent les chiffres, des statistiques qui sont validées à plus haut niveau. Et on part de ces statistiques là pour dire voilà le taux de croissance du pays est à 6,4 à 6,5%. Ce n’est pas exact. »

 

1 Comment

  1. D’abord c’est tous les membres du gouvernement de Macky qui coordonnent pour nous chanter un taux de croissance de 6,4 %. Le FMI rectifie à 5,1 %.
    http://www.dakaractu.com/TAUX-DE-CROISSANCE-ECONOMIQUE-DU-SENEGAL-Le-Fmi-rectifie-Amadou-BA_a103883.html
    Du moment que le chiffre de 6,4% avait été annoncé par le président de la république lors de son discours à la nation, les manœuvres et les tractations avec le FMI commencèrent. On finit par dénicher un membre du FMI pour nous expliquer qu’après leur chiffre de 5,1%, il y a eu des données nouvelles, principalement une récolte record dont le FMI n’a pas tenu compte. Et c’est ce qui donne les 5,1%, alors que le Sénégal a tenu compte de cette récolte pour avoir 6,4%.
    http://www.leral.net/Boileau-Loko-du-Fmi-Il-n-y-a-aucune-contradiction-entre-les-chiffres-annonces-par-le-President-et-ceux-figurant-dans_a162260.html
    Pour confirmer au peuple cette donne, le pouvoir de Macky annonce une récolte record d’arachide de 1 200 000 T d’arachide. Mais les acteurs de la culture et du commerce de l’arachide contestent ce chiffre qui leur dresse les cheveux.
    http://www.dakaractu.com/Les-chiffres-de-l-Etat-sont-inexacts-La-production-nationale-arachidiere-est-entre-500-et-600-000-tonnes-_a104752.html
    Mais n’empêche que pour les besoins de référendum, et de la victoire obligatoire du OUI, le FMI lâche quand même avec une réserve de confirmation prochaine, un taux de croissance de 6,5 %, rejoignant jusqu’à dépasser le pouvoir de Macky.
    Aujourd’hui, incontestablement les acteurs de l’agriculture continuent de marteler que la récolte réelle ne fait que le quart du chiffre annoncé de 1 200 000 T.
    C’est dire que si le taux de croissance de 6,4% est basé sur une récolte record d’arachide, lorsqu’il devient évident qu’il n’y a pas eu cette récolte, alors le taux en lui même devient faux. Même s’il est confirmé par le FMI pour des besoins de référendum. Le taux de croissance réel du Sénégal, si on rectifie le chiffre de la récolte ne doit pas être loin de 1%.

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