Réplique aux allusions du Dr Bakary Sambe…Par Bamba Ndiaye

Dans une déclaration prêtée au Dr Bakary Samb-UGB, Dakaractu écrit : « Certains leaders islamistes sénégalais doivent, d’abord, reconnaître leur rôle dans la radicalisation », en relatant les travaux de la conférence organisée par APA, le jeudi/04/06/2015, sur le thème : « Quels défis des leaders islamiques face à la montée du terrorisme ».
Ceci appelle de ma part, quelques éclaircissements à l’endroit du Dr Bakary Samb.
En effet, la dite conférence a été animée par : Dr Thierno Ka, Directeur général de l’Institut islamique de Dakar(Coordonnateur), Dr Abdou Malal Diop, formateur à Fastef(Modérateur), Dr Babacar Niane(Rapporteur général).
Trois communications y ont été présentées par :
1-Mamadou Bamba Ndiaye, ancien Ministre : « Les défis de la communication »
2-Dr Djim Dramé, Chercheur à l’IFAN : « Les défis de l’Education et de la formation »
3-Dr Abdou Diaw, titulaire d’un PhD en finance islamique, Consultant, Directeur d’Acoffis : « Les défis de l’économie et de l’emploi ».
D’après les organisateurs, Dr Bakary Samb était pressenti pour présenter une communication.
Les déclarations du Dr Samb, n’auraient pas suscité de réaction de ma part, si elles restaient dans le cadre vague et imprécis de « certains leaders islamiques sénégalais… », mais ce dernier ajouta plus loin : «parmi les auteurs de telles déclarations, lors de la Conférence organisée par l’agence de presse APA, certains ont joué un rôle décisif dans la radicalisation de la jeunesse et du milieu estudiantin depuis les années 90 ». Parmi les trois conférenciers cités haut, les deux notamment Dr Djim Dramé et Dr Abdou Diaw étaient certainement des élèves en 1990, alors que c’est dans cette même époque que j’animais des conférences islamiques aussi bien à l’université de Dakar que dans beaucoup de lycées et collèges du Sénégal. Je fus d’ailleurs, le premier à animer une conférence islamique au stade de l’Université, vers les années 1980 sur le thème : « L’Islam et la femme ». C’était au moment où le mouvement communiste, dans ces différentes branches, imposait son hégémonie sur l’espace universitaire, à travers les amicales de facultés, le mouvement syndical estudiantin et le mouvement culturel. Au cours de chaque mois béni du Ramadan, j’animais également des séances d’exégèse du saint Coran à la mosquée de la cité universitaire. Je pense ainsi avoir contribué à impulser le travail islamique au sein de l’Université de Dakar et dans certains lycées et collèges du Sénégal. Je ne sais pour autant si c’est cela que l’éminent Dr Bakary Samb, appelle : « la radicalisation de la jeunesse et du milieu estudiantin depuis les années 1990 »… En ma connaissance, l’Université de Dakar n’a pas encore produit des musulmans radicaux, comme on les appelle dans certaine officines des Services de renseignements généraux de l’Occident. Les rares Sénégalais que l’on cite çà et là, comme flirtant avec le terrorisme international, ne sont pas des produits de l’université de Dakar et encore moins, issus de notre formation. L’amalgame est poussé à l’excès lors qu’il dit : « Il est quand même étonnant que ceux qui prônaient la destruction des confréries pour la réalisation d’une « société véritablement islamique » au Sénégal dans les années 90 s’émeuvent aujourd’hui de la montée du radicalisme religieux ». Non Dr Samb, le fort d’un universitaire doit être la rigueur et la précision dans l’analyse comme dans les déclarations. J’ai adhéré au Mouvement Jama’tou Ibadou Rahmane juste avant son congrès mémorable de 1988, dont le thème était : « Ouverture et consolidation ». Cela voulait dire à la fois, une ouverture à toutes les entités religieuses évoluant au Sénégal et aux cercles politiques, de quelque bord qu’ils puissent appartenir. Je fus le Premier secrétaire général de l’Organisation pour l’Action islamique(OAI), aux côtés de feu El Hadj Cheikh Touré, Qu’A1llah l’accueille dans son paradis, au moment où ce dernier était un Mouqaddam de la Tijanya qui initiait alors des disciples dans cette voie confrérique.
C’est dommage que vous ayez raté l’occasion d’assister à la conférence de l’APA. Elle aurait constitué pour vous, une opportunité d’échange direct sur ce que nous pensons et faisons depuis maintenant plus de 30 ans. Actions que nous revendiquons, parce qu’elles constituent, pour nous, un motif réel de fierté et de satisfaction. Pour ce qui me concerne, je n’ai changé d’un iota, ni dans mon discours et encore moins dans mes convictions. Ce sont des convictions profondes qui s’adossent sur à des principes dogmatiques clairs. Je vis pour cela et j’ai eu maintes fois l’occasion de le prouver.
La tentative de provoquer une confrontation entre les différents groupes religieux vivant au Sénégal, ne date pas d’aujourd’hui. C’est une méthode inspirée par la stratégie coloniale du « diviser pour régner ». En Islam, nous n’avons pas le complexe des races. Le vénéré Cheikh Ahmad Tidiane, Aboul Abbas, comme le grand érudit Ibn Taymyya sont certes des Arabes, mais ils sont surtout des croyants qui ont inspiré beaucoup de frères musulmans du Sénégal, du Mali et de la Côte d’Ivoire.
Mon propos, Vous l’avez certainement compris, Dr Samb, n’est pas de polémiquer, mais de donner des éclairages sur des confusions et des amalgames, notés, depuis un certain temps, dans votre discours. Fasse Allah que mon message fraternel soit bien perçu !
M. Bamba Ndiaye
Ancien Ministre

1 Comment

  1. Moi, je me pose une seule question: Pourquoi Bakary Samb s’est brusquement retrouvé extrêmement médiatisé dés qu’il choisit comme expertise de trouver du terrorisme islamiste partout au Sénégal ?
    Et je pense que cela me permettra de comprendre beaucoup de chose. En attendant, j’ai des repères qui me trompent rarement, par exemple si des distinctions se multiplient pour lui, alors là je me serais fait des idées fixes.

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