Référendum du 20 mars : la chute du triumvirat Macky-Niasse-Tanor se précise

“On ne peut régner sur les hommes quand on ne règne pas sur leur cœur.” De Henri Lacordaire
Que reste-t-il aujourd’hui des ruines de ‘Benno Bokk Yakkar »? Cette fameuse organisation destinée à « sucer » les maigres ressources des sénégalais.
La salle des banquets du Palais de la République a renoué avec ses habitudes passées de fin de règne de l’homme qui fut considéré comme un immortel, Abdoulaye Wade, un géant qui s’était finalement effondré comme Romulus Augustule, marquant le déclin de l’empire romain, et l’avènement d’une nouvelle société à égalité des chances, avec une justice indépendante et une nouvelle constitution, fruit de la volonté unique du peuple romain.
Le défilé dans cette salle mythique du Palais, ou encore cette grande rencontre des membres de cette gigantesque coalition aux pieds d’argile, au King Fahd Palace, ne reflètent guère la situation chaotique du pays et des sénégalais en général. Le Président Macky Sall, osons le dire est en panne d’idée, en panne de stratégie, en panne de ressources et en panne d’amis sincères.
En d’autres termes, les applaudissements et les flatteries que ces vautours lui dédient, montrent le degré de sa fragilité, son errance, son inconstance et son incompétence à conduire le pays vers une quelconque émergence.
– Si le Président de l’assemblée nationale, se permet d’utiliser de gros mots, qui salissent son honorabilitė ou de verser de chaudes larmes de crocodile dans l’hémicycle, cela ne fait que confirmer, que les habits de leader qu’on lui a fait porter sont trop amples.
Conséquences, l’Afp est aujourd’hui déchiquetée, fissurée, vidée de toute sa substance, un certain ouragan Gackou est passé par là, emportant tout sur son chemin.
Niass a depuis hier, vendredi 4 Mars, installé son quartier général à « Ker Madiabel », terroir qu’il n’a jamais su moderniser et pourtant depuis près d’un demi-siècle, il jouit des dorures de la République, et en grandeur nature.
Le Sénégal lui a tout donné, et au retour, à part grignoter nos maigres ressources, qu’a-t-il apporté à son pays? Même sa résidence, sise à Fann Résidence, faisait partie du patrimoine bâti sénégalais dans les années 60. je vous laisse le soin d’analyser le reste, contrat pétrolier, etc.
– Vient ensuite l’homme qui a été « fécondé in vitro » par le congrès sans débat, OTD (Ousmane Tanor Dieng),
qui se présente comme un « grand » républicain, très mesuré dans ses sorties, et qui a décidé d’offrir le PS au « Macky » sur un plateau d’or.

Et dès les premières heures de la seconde alternance en 2012, il a été pris en charge totalement, ses voyages, ses caprices, les caprices de son entourage sont tous payės par cette grosse et grâce enveloppe qui lui parvient discrètement à chaque fin de mois, deal au plus haut sommet de l’Etat!
Mais aujourd’hui avec ce référendum, il est sur le point d’être fragilisé par
une branche de son parti, et tout le monde y voit sans jumelles, la main de Khalifa Sall et de celle de la grande royale des temps modernes, Aissata Tall Sall.
Les bagarres, les invectives et les agressions qui sont survenues dans l’enceinte de la maison du parti, ce samedi, nous plongent dans les années 90 quand Abdou Diouf fut considéré comme un demi dieu sans trophée, et OTD comme le dauphin sans corvée.
Son rêve d’être Président brisé, il manoeuvre å tout bout de champ pour barrer la route à tous ceux qui veulent défier Macky Sall.
Ngueniene, son « petit » fief, ne cesse de subir les mêmes traitements desastreux et infamant de la part de son fils « prodige », tel est tristement le cas de Ker Madiabel.
Dès lors, le référendum s’annonce dangereux pour le camp du oui.
Aussi, Il est quasi impossible que la dynastie Faye-Sall l’emporte, à moins de passer à la fraude et au bourrage des urnes, une tentative la plus suicidaire de toute l’histoire
politique du Sénégal.
Le ministre de l’intérieur, même s’il est membre actif de l’APR, doit mesurer toutes les conséquences que pourrait produire une telle pratique, révolue et bannie.
Et si le NON l’emporte même à 51%, le Président Macky Sall devra revoir sa copie, et peut être même raser les murs.
L’homme use très souvent de l’arrogance et du mépris pour parler à son peuple, allant jusqu’à le traiter de roublard et de fainéant, et si ce dernier lui prouve encore une fois, qu’il est le seul maître du jeu, alors de manière claire et définitive, on ira vers une redistribution des cartes, la dissolution ou la dislocation de « Benno Bokk Yaakar, » la fragilisation de la dynastie, et simplement vers une élection présidentielle anticipée en 2017 ou des élections législatives dans moins de 120 jours.
Macky Sall a joué sur un terrain risqué, puisque miné, et il a perdu, emportant avec lui, ses « cadavres ambulants » comme à l’époque du royaume Zulu, où le defunt roi n’était jamais seul au fond de sa tombe.
Khalil Gebran disait aux futurs dirigeants des peuples, visitez le passé de vos prédécesseurs, et ne gouvernez jamais comme eux, sauf s’ils avaient pris l’engagement ferme de marcher dans la direction telle que tracée par leur peuple.
La roue tourne, et ce 20 Mars, elle arrêtera de tourner.
Où basculera-t-elle?
Vers le oui ou le non?
Seul le peuple souverain détient la réponse. Le jeu de mot avis ou décision aura déjà vécu son deuil et laissera la place à l’unique décision qui vaille, celle des électeurs sénégalais!
Par Aminata Aicha Touré