Prix hors de portée : Les moutons bêlent, les Goorgoorlu pleurent

A deux jours de l’Aïd El kebir, communément appelée Tabaski, le gigantesque foirail de Séwékhaye, dans la commune de Ngoundiane, reste le point de mire d’un nombre impressionnant de responsables de famille qui ne ferment plus l’œil. Là, le visiteur moyen n’en croit pas ses yeux. Puisqu’à Séwékhaye, considéré comme le plus grand marché du bétail au Sénégal, le mouton ne se vend pas cette année à moins de 70 mille francs Cfa. Un état de fait qui préoccupe les fidèles clients de ce foirail, accoutumés à trouver des têtes à la portée de toutes les bourses.

La région de Thiès qui se singularise par sa voie ferrée n’est pas seulement le carrefour du Kajoor. Elle se distingue également par sa capacité d’abriter le plus important point de débarquement de moutons en provenance de toute la sous-région : le foirail de Séwékhaye, renforcé par ceux non moins importants de Touba Toul et de Khombole. Cela, sans compter les nombreux points de vente sur la route nationale numéro 2 qui mène à ce célèbre marché à bétail, à hauteur du croisement Ngoundiane, dans le village de Séwékhaye. Lequel marché, depuis 2010, est devenu le point de ralliement des fidèles en période de Tabaski. Lieu de prédilection de la vente de bétail lors des grandes fêtes musulmanes, Séwékhaye, com­me à l’accoutumée, replonge dans cette traditionnelle routine de veille de Tabaski. Ils sont en­core là, très nombreux, les clients, ces braves pères et mères de famille, anxieux, angoissés, dans un tohu-bohu indescriptible, à la recherche, presqu’incertaine, du mouton de Tabaski. Ce, dans le seul souci de ne pas décevoir la progéniture.