Prise en charge des Daaras: Vives Polémiques entre Serigne Mbaye Thiam et un maître coranique

Les échanges ont été vifs. Hier, à l’occasion de la première édition de la journée des talibés organisée par l’Association d’orientation islamique et de mémorisation du Coran (Assoimec), le ministre de l’Education nationale, qui a présidé cette manifestation, a été «poussé» par ses invités jusqu’à ce qu’il étale la vie de ses enfants. «Dépité» par les propos de ces derniers, Serigne Mbaye Thiam s’offusque: «L’Etat ne subventionne pas la mendicité. Auparavant, les talibés demandaient de l’aumône au sein de leurs familles. C’était toute une communauté qui venait en aide à ces enfants. Cette mendicité est d’une part la faute aux parents et non de l’Etat, car il n’est pas écrit dans  le Coran que les enfants doivent mendier.» Momodou Diaga, président de ladite association, rétorque sur les colonnes du journal «L’As» en ces termes : «Le premier problème, c’est de savoir si les talibés qui demandent l’aumône sont des Sénégalais ou bien des étrangers. Pour éradiquer ce fléau, il faudrait que l’Etat dote des daaras de moyens. Si dans le passé, les enfants faisaient la mendicité, c’était pour apprendre à partager.»

Très en verves, il ajoute: «Nous voudrons que le Gouvernement assure la formation des professeurs de darras et crée une organisation pour les talibés au niveau de chaque région. Nous voulons aussi qu’il s’engage dans à lutter contre toutes les violences faites aux enfants. On constate que les ministres et les députés ne se sentent pas concernés par les daaras, car ils amènent  leurs enfants dans les écoles privées françaises, en sus, ils n’ont aucune difficulté »

Mais la réplique du ministre de l’Education nationale ne s’est pas fait attendre.  Il révèle: «Mes enfants ont fréquenté les Daaras. Durant les vacances, mes deux fils fréquentent le daara de Thiès. Mais, lorsqu’ils partaient, je leur remettais de la nourriture ainsi que des matelas. Mon aîné a acquis une bonne maitrise du Coran en classe de Terminale, tandis que son frère marche aussi sur ses pas.»