Pr El Hadji Niang : «Il y a plus de radiologues à Paris qu’en Afrique»

«Il y a plus de radiologues dans la ville de Paris qu’en Afrique.» Cette révélation du Pr El Hadji Niang, président de la Société africaine de radiologie d’Afrique noire francophone, montre les efforts à faire pour avoir de vrais spécialistes dans nos établissements de santé. Il a fait cette déclaration hier à l’ouverture des 12ème Journées de radiologie d’Afrique noire francophone. Naturellement, le Sénégal n’échappe pas à ce constat en termes de production de spécialistes en application médicale et scientifique des rayons X. «Au Sénégal, il n’y a pas plus de 50 radiologues. Un radiologue ne suffit pas pour un hôpital. En dehors de Dakar, il n’y a que Thiès qui bénéficie de radiologues en permanence. Dans les autres villes, il n’y a pas de radiologues», déplore M. Niang.
Axée sous le thème «Impact des technologies innovantes dans l’émergence de l’imagerie en Afrique», la rencontre a pour objectif de trouver les voies et moyens que le continent doit adopter pour produire un nombre de radiologues répondant à la demande des populations ; d’où le recours à la télémédecine qui regroupe les pratiques médicales permises ou facilitées par les télécommunications. C’est un exercice de la médecine par le biais des télécommunications et des technologies qui permettent la prestation de soins de santé à distance et l’échange de l’information médicale.
Lors des échanges, si certains ont affiché leur scepticisme quant à la réalisation d’une telle ambition en Afrique, d’autres ont étalé leur optimisme. Dans ce dernier cas de figure, des médecins algériens informent que le programme sur la télémédecine est inscrit dans la politique nationale de santé. En Afrique de Sud, la télé-radiologie est devenue une réalité, car plus de 450 hôpitaux donnent des soins à distance à des patients grâce aux Tic.
Au Sénégal, les autorités déroulent un Plan de formation en imagerie médicale qui forme les étudiants en fin de cursus dans le but de réduire le déficit en radiologues. Il s’y ajoute la mise en place d’un Système de télé-radiologie, qui permet d’interpréter les examens radiographiques, et de scannographie à distance. «L’équipement en scanner des hôpitaux régionaux et la numérisation des appareils de radiographie sont déjà faits. Pour rendre efficients les radiographies numériques et les scanners, il y a une formation de spécialiste en imagerie avec l’octroi de bourses», souligne Ibrahima Wone, secrétaire général du ministère de la Santé et de l’action sociale rappelant que cette politique est destinée «à supprimer les inégalités» dans le domaine de l’accès à la santé. Par conséquent, ces initiatives commencent à produire ses effets car, renseigne Pr El Hadji Niang, «il y a quelque temps, il n’y avait pas de scanner à Ourossogui, à Kolda ou à Matam».