Point de vue : Communication sur les pratiques culturelles néfastes

M Boubacar Fofana, manager de la protection de l’enfant à Word Vision : « Aujourd’hui, nous devons changer de paradigme complètement et valoriser toutes les ressources capables de donner les chances de réussir le combat contre ces pratiques néfastes »
« Parmi plusieurs aspects l’approche communicationnelle utilisée dans l’abordage de cette question fondamentale des pratiques néfastes de façon globale, du mariage des enfants pose problème. Quand on veut communiquer sur un aspect négatif d’une culture, il est bien de valoriser ce qui est positif dans cette culture. C’est ce qui nous manque dans notre dispositif de communication. Nous avons l’habitude de montrer à ces communautés qu’elles sont dans l’erreur alors qu’on ne leur apprend rien en ce qui concerne la protection de l’enfant.
La charte manding qui déjà en 1236 régissait la communauté revenait sur l’importance de l’enfant. L’importance c’est de le protéger, de le valoriser. Alors en s’adressant à ces communautés, je pense qu’il est important de valoriser les pratiques culturelles et de les amener à identifier ce qui est négatif. C’est ce qui est négatif est connu de tous. Ce qui est négatif est médical, sanitaire, scolaire est de nature à annihiler toute chance pour la jeune fille de poursuivre ses études, de faire partie des cadres de cette région. Je pense que cela suffit pour que la communauté comprenne qu’il y a lieu de donner une chance à ces enfants d’avoir un idéal de vie, d’avoir un rêve et de pouvoir servir le pays. Dans cette approche, l’absence de regard inconditionnel positif amenait les communautés à se braquer à considérer que leur culture est victime d’opprobre jeté sur elle, que leur culture est salie. Je ne partage pas de termes comme « combattons » qui nous mettent en position de face à face à ces communautés. Je n’aime pas ces termes comme « Levons-nous », stop, etc.… parce que tout simplement, ils ne nous mettent pas en symbiose, en synergie pour aller ensemble. Aujourd’hui, nous devons changer de paradigme complètement. Nous devons valoriser toutes les ressources potentiellement capables de donner les chances de réussir le combat des pratiques néfastes, de l’abandon des mariages précoces en commençant par les enfants eux-mêmes. Il y a une forte implication entre le mariage des enfants et la problématique des grossesses précoces.il est important que l’enfant, la jeune fille et le jeune garçon comprennent que les parents doivent vivre dans une angoisse, dans une crainte de tous les jours face à la honte de jeter sur la famille, face aux discrédits et je pense qu’ils ont un rôle à jouer en changeant de comportements. En responsabilisant, en valorisant la communauté, nous avons plus de chance de réussir à faire changer ces choses ».
Propos recueillis par Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com