Nigéria : un magnat des médias inculpés

Le fondateur des premières radio et télévision privées du Nigeria a été inculpé mercredi de fraude et blanchiment d’argent, dans le cadre d’une vaste affaire de corruption présumée sur des achats d’armements pour l’armée.
Raymond Dokpesi, 64 ans, patron de Raypower FM et de la chaîne Africa Independent Television (AIT), a comparu devant une haute-cour fédérale à Abuja.
La justice lui reproche d’avoir contribué à détourner, entre octobre 2014 et mars 2015, 2,1 milliards de nairas (près de 10 millions d’euros) destinés aux achats d’armes, pour financer la campagne électorale du Parti démocratique populaire (PDP) de l’ex-président Goodluck Jonathan pour la présidentielle de mars 2015.
Cet argent lui aurait été remis, selon l’accusation, par le Conseiller à la sécurité nationale de l’époque, le colonel Sambo Dasuki, arrêté le 1er décembre et inculpé d’avoir détourné au total environ deux milliards de dollars en effectuant des achats fictifs d’armement dans le cadre de la lutte contre le groupe islamiste Boko Haram.
Sambo Dasuki était un homme-clé du régime du président Jonathan, qui briguait un nouveau mandat sous l’étiquette PDP, mais qui a été battu par le candidat de l’opposition Muhammadu Buhari. Celui-ci, une fois investi, a lancé une vaste campagne anti-corruption.
Raymond Dokpesi a plaidé non-coupable mais la justice a ordonné son maintien en détention jusqu’à une audience de libération sous caution jeudi. La date du procès du patron du groupe Daar Communications a été fixée au 17 février 2016.
Son avocat Mike Ozekhome a estimé les accusations « sans fondement et ridicules ». Le colonel Dasuki affirme pour sa défense que tous les paiements auxquels il a procédé ont été ordonnés par le président Jonathan.
Un ancien secrétaire d’Etat aux Finances, Bashir Yuguda, et un ancien gouverneur de l’Etat du Sokoto, Attahiru Bafarawa, ont également été arrêtés dans cette affaire.

AFP