Mirage du pétrole par le régime de Macky Sall…Le pétrole et le gaz n’ont jamais développé un pays

L’Afrique regorge de richesses énergétiques et minières mais les Africains semblent de plus en plus persister dans l’ignorance de la valeur que représentent ces richesses. Ce qui nous intéresse dans l’exploitation de notre pétrole ou de nos métaux précieux c’est juste leur valeur marchande immédiate ; quant à leur valeur stratégique, nous n’en avons cure ! Si l’Africain pouvait judicieusement apprécier la redoutable « arme » économique qu’il a entre ses mains, il aurait déjà remporté le premier round dans le combat contre la pauvreté et le mépris dont il est constamment victime.

Au regard de nos comportements et de notre démarche mercantiliste sur le marché mondial, il faut se résoudre à l’évidence : les notions de planification et de stratégie nous sont presque inconnues. Trop mercantiliste et peu planificateur, on est fatalement dépensier et gabégique dans la gestion, car on n’a plus le temps ni même le sens de la planification et les priorités s’échappent. C’est justement cette attitude dispendieuse qui est la preuve de la naïveté avec laquelle nous gérons nos ressources. Pourtant tout le monde sait que le pétrole et les métaux précieux ne sont pas renouvelables ; un jour ils s’épuiseront et il faut dès maintenant s’investir dans la perspective de recherche d’énergies ou de ressources alternatives. Or sur ce point précis on est perpétuellement remorqués par les pays du nord : au lieu de penser par nous-mêmes notre avenir, nous laissons celui-ci entre les mains des autres. Le PSE dont se gargarisent sans vergogne le régime BENNO BOKK YAKAAR en est la dernière illustration.

Au lieu de financer la recherche dans les énergies solaire, éolienne et nucléaire ; au lieu de financer abondamment la réalisation d’infrastructures de base ; au lieu de mettre toutes nos réserves économiques dans la recherche scientifique, nous nous disputons, comme des charognards, les dividendes du pétrole et épuisons gratuitement nos forces dans des luttes fratricides. Au moment où les experts et stratèges des pays du nord sont en train de débloquer la recherche dans le domaine des énergies renouvelables, nous sommes pris dans l’engrenage d’une extraction abusive et intempérante de nos ressources naturelles. L’Afrique ne pèse même pas 5°/° dans le commerce mondial et pourtant le potentiel stratégique de ses ressources lui aurait permis d’avoir une présence plus active dans l’économie mondiale.

Nous estimons que l’Union Africaine doit davantage ficeler sa dimension économique et elle est d’ailleurs dans l’obligation morale de légiférer dans le domaine de l’exploitation des richesses du Continent. Pour des pays qui prétendent travailler à l’unité du Continent, il est tout à fait inacceptable et incompréhensible qu’on ne veuille pas accélérer le rythme de l’intégration économique. Cette intégration économique ne peut pas seulement se résumer à un marché commun sous le modèle de l’UÉMOA et de la CÉDÉAO : elle doit concerner surtout le partage des biens appartenant à des peuples qui constituent la même nation et qui ont un destin commun. Ils se trompent ces Chefs d’État qui, jalousement, surexploitent les ressources naturelles de leur pays et qui investissent, laborieusement d’ailleurs, les revenus dans des secteurs clos, restreints et limités à leur pays.

Les ressources naturelles n’appartiennent à aucun pays car les frontières sont essentiellement artificielles : la géologie ne connaît pas de frontière. Le gaz entre la Mauritanie et le Sénégal est un message que la nature nous a envoyé : unissez-vous pendant qu’il est encore temps. Il est parfaitement probable que du pétrole pompé dans un pays ait sa source ou son prolongement dans d’autres pays. Á cause de cela, l’UA doit réfléchir sur une convention ou une charte relative à la prospection, à la gestion et à l’exploitation des ressources énergétiques et minières du Continent. Une convention stipulant que 1 à 2°/° des revenus pétroliers et miniers seront versés à l’UA pour des projets d’infrastructures transnationales est devenue pertinente voire nécessaire. Des conventions de ce genre constituent les premiers pas, les premiers jalons d’une véritable volonté politique fédérative des États africains. Un pays qui déclare qu’il est partisan des États-Unis d’Afrique ne pourrait logiquement pas être hostile à des conventions de ce genre sous peine de tomber dans l’incohérence politique et l’hypocrisie. Nous savons tous que nos pays sont les plus fragiles quant aux répercussions des différents chocs pétroliers et pourtant l’Afrique est suffisamment pourvue pour atténuer de tels chocs. Car une taxe continentale sur les revenus des ressources énergétiques et minières pourrait non seulement financer d’autres projets de développement mais aussi subventionner le coût de l’énergie pour certaines populations africaines condamnées à ployer sous la misère due à la fragilité de nos économies.

Sur le plan des échanges internationaux également, nous constatons une incohérence dont les conséquences politiques et économiques sont moralement inacceptables. L’union européenne négocie en tant qu’union économique avec des gouvernements locaux alors que l’Union Africaine devrait logiquement se charger de finaliser de tels accords ou en tout cas être activement associée à ces négociations et ce, surtout que nos économies ont des convergences tacites. Sur le plan diplomatique également l’Afrique est toujours à la traîne: nous sommes non seulement incapables d’avoir une politique étrangère commune mais certains accords politiques entre pays du nord et pays africains sont lourdement préjudiciables à l’unité du Continent.

Alassane K. KITANE, professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès

1 Comment

  1. ALERTE ,SOYONS UNIS LES GRANDES PUISSANCES PEUVENT ENROLER CERTAINS GROUPES POUR DESTABILISER LE PAYS ,UNIQUEMENT POUR METTRE LA MAIN SUR LE PRETOLE ET DU GAZ .

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