Matam : les enfants de la rue font le décor de la ville…

La journée internationale des droits de l’enfant a été célébrée hiere vendredi à Matam sans trompette ni tambour. C’est à croire qu’on ne connait pas l’importance qui est accordée à ce jour ou plutôt que ce phénomène est banalisée dans cette région tant il est fréquent de voir les enfants dans la rue qui à longueur de journée font un incessant va et vient à la recherche de leur pitance. Mariages précoces et forcés, déscolarisation, excision, travaux forcés, maltraitances, le travail des enfants sont les principaux maux qui enfreignent l’épanouissement de ces mômes. Plus de 7000enfants sont en situation difficile dans la région. Mais le phénomène des enfants de la rue privés de toute scolarisation se fait le plus sentir. Toutes les artères de la ville sont occupées par ces enfants de la rue. Qui avec un pot en plastique, qui avec un pot vide de conserve de tomate, tous habillés en haillons et de surcroit pieds nus, ces enfants au regard innocent tendent la main, jusqu’à souvent agresser la personne pour quelques piécettes d’argent ou un morceau de pain. Combien de fois n’avons-nous pas entendu la mort sauvage d’un talibé ? Combien de fois n’avons-nous pas entendu parler d’un talibé violenté jusqu’à la mort ? Chaque jour presque. Mais rien n’est fait depuis lors. Des commissions de suivi et d’accompagnement sont mises sur pied mais elles demeurent toujours inefficaces. Toutes les décisions prises à cet effet pour éradiquer définitivement ce fléau, qui continuent de prendre des proportions inquiétantes, sont rangées dans les tiroirs. La place de ces enfants se trouve à l’école et non dans la rue. A quand le sérieux pour que qu’il n’y ait plus de talibés dans la rue ?
Aicha Guissé à Matam pour Xibaaru .com