Mandat présidentiel…La forfaiture morale de Macky Sall

« Un bon citoyen est loyal et fidèle à sa parole » Benoit Lacroix

Après moult tergiversations, la décision du Président Macky Sall de renoncer à la réduction du mandat en cours, contre la volonté de l’écrasante majorité des sénégalais constitue une transgression absolue de toutes les règles de base qui régissent notre société bâtie sur les principes de vertu et sur des valeurs liées à la sacralité la parole donnée.

Au-delà, cette décision pour le moins hasardeuse et empreinte de calculs politiciens, n’est adossée sur aucun fondement juridique avéré ; l’avis du Conseil Constitutionnel, dans cette affaire, ayant exclusivement une portée consultative comme précisé par tous les Constitutionnalistes.

En vérité, cet acte marque une véritable rupture de confiance entre Macky Sall et le peuple sénégalais. Plus qu’une rupture de confiance, il s’agit là d’une forfaiture morale de la part de Macky Sall dont la parole sera désormais, quoiqu’il advienne, mise en doute.

L’obsession d’un second mandat et la crainte d’une défaite de son camp en 2017 ne sauraient justifier tous les reniements, tous les écarts, toutes les déviances-possibles-et-imaginables.

Par ce gigantesque WAKH WAKHEET, le Président Macky Sall vient de porter un énorme coup aux sénégalais et à la démocratie sénégalaise.

Si d’un point de vue personnel, je reconnais à Macky Sall la légitimité d’un mandat de 7 ans ; au niveau moral, en ma qualité de citoyen sénégalais, je lui dénie désormais le pouvoir de me représenter et de parler en mon nom.

Le 16 février 2016 est une parenthèse sombre dans l’HISTOIRE politique du Sénégal.

Une HISTOIRE dont Macky Sall est entrée par « effraction » et dont il ressortira sûrement par la petite porte. Quant au Conseil Constitutionnel, il a définitivement raté le train de l’histoire, et par là une bonne occasion de se réconcilier avec les sénégalais, après l’épisode controversé de la candidature de Wade en 2012.

Seybani-Sougou
E-mail: sougouparis@yahoo.fr

2 Comments

  1. La norme suprême ce n’est pas la volonté d’un chef de l’état mais bien la constitution, donc les les avis des sages qui l’incarnent. Le débat est clos et place au travail. Sachez que le serment est au dessus de la promesse. Faisons attention à ce qui nous réunit et consolide notre bon vouloir de vie commune et non ceux-là qui nous dissipent pour servir leurs uniques soif de pouvoir dont ils susurraient et en abuseraient sans limite.
    Soyons républicains et attachés au droit et à nos institutions, seuls gage de paix, de cohésion sociale été de respectabilité internationale. Encore une fois touche pas à ma constitution.

  2. Macky Sall a promis, pendant qu’il était candidat à la présidence de la république, de réduire un mandat constitutionnel de 7 ans, pour ne faire que 5 ans. En tant que candidat à la présidence, le moins que l’on puisse dire est qu’il savait que c’est la constitution qui a fixé la durée de mandat à 7 ans. Macky promet donc, en toute connaissance de cause, de réduire ce que la constitution a fixé, donc ce que les 5 sages sont chargés de veiller à la fixité. Puis, pour chercher comment se dérober face à sa promesse, Macky demande aux gardiens de la fixité s’il peut faire bouger ce dont ils sont chargés de veiller à la fixité. Naturellement ils lui répondent non. Alors il jubile qu’il avait voulu faire bouger la fixité, mais que ce sont les gardiens de la fixité qui le lui ont refusé. Et il fait répéter à ses fanatisés qu’il est un respectueux des gardiens de la fixité.
    Simple inversion de sens que la presse d’abêtissement est chargée de sertir dans le cerveau des imprudents. L’irrespect de la constitution, le non respect de la parole des 5 sages, a déjà consisté à promettre de faire bouger ce que la constitution interdit de faire bouger, ce que les 5 sages sont chargé d’empêcher de bouger.
    En justice on dit: Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Et ici, c’est le cas de Macky Sall. Ce qu’il sait impossible, il promet de le faire. Puis il annonce qu’il l’a trouvé impossible et nous demande de l’applaudir en héros.
    Eh messieurs, vous avez le droit de dormir, mais vous ne devez pas nous forcer au sommeil.

Les commentaires sont fermés.