Macky Sall n’est pas le premier…Senghor a réduit son mandat sans référendum…En démissionnant

Le Président Macky Sall, son parti, sa coalition ainsi que l’opposition sénégalaise sont vraiment devenus des experts en arnaque politique au détriment de la population sénégalaise.
Il est en effet sidérant de constater que depuis plusieurs mois maintenant l’opinion publique de notre pays est pris en otage par un débat sur la réduction du mandat du Président Macky Sall.
La société civile ainsi que les médias qui devaient jouer un rôle d’alerte pour cette opinion sont devenus tout aussi complices de cette arnaque car se laissant entraîner dans un processus contre lequel il se devait de vivement protester au bénéfice des populations sénégalaises.
Est-il besoin de rappeler que suite à la publication des résultats provisoires du premier tour de l’élection présidentielle sénégalaise de février 2012, le candidat Macky Sall arrivé deuxième avec 26,57% des voix contre 34,82% à son ex-mentor s’était publiquement engagé à une réforme constitutionnelle visant entre autres à ramener la durée du mandat du président de la République à cinq ans renouvelable une seule fois.

Dans la même déclaration monsieur Macky Sall prenait l’engagement de s’appliquer cette réforme en précisant je cite « ça veut dire que si je suis élu pour sept ans, je m’engage à n’exercer qu’un mandat de cinq ans et cette réforme qui limitera le nombre de mandats à deux et la durée à cinq ans ne pourra plus faire l’objet de modification ».

Un autre engagement avait été pris sur une modification du mode de désignation des membres du Conseil constitutionnel afin de donner plus de crédibilité à cette institution vouée alors aux gémonies du fait de la validation en 2012 de la candidature du président sortant.
Monsieur Macky Sall affirmait « De cinq, ils devraient passer à sept et le président de la République ne pourrait proposer que trois sur les sept, l’Assemblée nationale à travers le groupe de la majorité un, le groupe de l’opposition un et les autres seraient désignés par les magistrats eux-mêmes selon des modalités définies ».
Ces engagements très forts du candidat Macky Sall ne peuvent faire l’objet d’aucun reniement du Président de la république Macky Sall comme semble vouloir le soutenir certains tentant de dissocier les deux.
Aujourd’hui la première arnaque et escroquerie politique consiste à avoir installé un débat autour de ce référendum et ainsi vouloir par des voies de contournements se dédire, tout le monde peut constater déjà que dans le projet de réforme concernant le conseil constitutionnel ce qui avait été dit sur le mode de désignation n’est pas respecté et cela sans réaction aucune de l’opposition, des médias ou de la société civile tous comme anesthésiés.
Ceci montre bien que ce référendum n’est qu’un chemin tortueux pour se dédire et les sénégalais ne devraient pas l’accepter car l’ensemble des 14 réformes proposées peuvent par consensus être votées par le parlement ce qui nous fera économiser des milliards.
Ces milliards pouvant servir à soulager la dette des hôpitaux, payer les engagements dus aux enseignants ou financer des centaines de micro-projets pour la jeunesse.
L’arnaque est de faire accepter à cette jeunesse sénégalaise désœuvrée, sans perspectives cette voie de gaspillage, en falsifiant l’histoire cachant que le Sénégal et l’Afrique ont déjà connu des réductions de mandat présidentiel sans tambours ni trompette ni référendum contrairement à ce que tentent de nous faire croire les thuriféraires du Président Macky Sall.

Fin décembre 1980 le premier président du Sénégal Léopold Sédar Senghor avait tout simplement remis sa démission au juge Kéba Mbaye réduisant ainsi son mandat sans se représenter et en 1982 le président Ahmadou Ahidjo avait fait de même au Cameroun.
Ceux qui en dehors de la sortie notable mais presque non médiatisée de maître Assane Dioma Ndiaye de la Ligue Sénégalaise des Droits de l’Homme (LSDH), se plaisent à entretenir ou participer à ce débat tortueux sans le dénoncer sont aussi complices que le Président Macky Sall qui devrait revenir à son vœu qui semble aujourd’hui devenu pieux, de gestion sobre en remettant tout simplement sa démission au président du conseil constitutionnel au terme des 5 ans de ce mandat et laisser les dispositions de la constitutions s’exercer pour l’organisation d’une nouvelle élection et épargner ainsi les maigres ressources du contribuable sénégalais.

Penda Sow pour xibaaru.com