Loi anti-tabac…Le syndrome du Tchad guette la MTOA

Coup de tabac des travailleurs de la Manufacture de Tabac de l’Ouest africain (Mtoa). La loi anti-tabac, non seulement serait sous la menace de la contrebande, mais va mettre des milliers de parents au chômage. La sonnette d’alarme a été tirée par les travailleurs de la Mtoa qui étaient, hier, en assemblée générale à la Cité Bastos construite par ladite société en 1958.

Deux logiques qui s’affrontent. Les travailleurs de la Manufacture de Tabac de l’Ouest africain parlent de la sauvegarde de leur profession, l’Etat de l’exigence de santé publique. Intérêts particuliers, mais aussi périls économiques, d’une part, contre intérêt général, de l’autre. Hier, à l’occasion de leur assemblée générale, les travailleurs de la boite redoutent le syndrome du Tchad dont le marché du tabac est gangréné de ‘’produits de la contrebande qui ne comportent aucun avertissement de santé et dont la provenance est douteuse’’. Selon Massamba Samb, chef du département de la production à la Mtoa, ‘’l’activité industrielle a baissé de 50% au Tchad au profit de la contrebande et un plan de licenciement est cours d’exécution avec des pertes d’emploi et de recettes fiscales, sans baisse réelle de la consommation’’. C’est le même scénario qui risque de se reproduire au Sénégal, a-t-il averti. Ce sont 200 emplois directs et 24000 emplois indirects à la Mtoa qui sont sous la menace de la loi antitabac, a alerté M. Samb. Ainsi lance-t-il un cri du cœur aux autorités : ‘’Nous sommes angoissés parce que certaines dispositions du décret d’application de la loi anti-tabac au Sénégal, loin d’apporter des avancées dans la lutte contre le tabagisme, seraient plutôt et inévitablement sources de grandes difficultés pour notre industrie ainsi que pour l’économie nationale.’’ A l’en croire, la suppression de la cigarette mentholée au Sénégal réduirait une part significative de notre production et remettrait en cause les emplois des personnes

travaillant sur ces lignes de production. Ce n’est pas tout. ‘’L’impression d’images choquantes sur les paquets et les cartons, à la place de messages sanitaires, favoriserait non seulement des surcoûts, mais développerait la fraude’’, a avisé M. Samb. Les travailleurs de la Mtoa sont convaincus que certaines dispositions de la loi antitabac vont encore créer plus de problèmes sanitaires et favoriser la contrebande avec tout son corollaire sur l’absence de qualité et les problèmes de sécurité.