L’identité des combattants sénégalais de l’Etat islamique enfin connue…Voici nos terroristes

Plusieurs Sénégalais auraient rallié ces derniers mois les rangs de la branche libyenne de l’État islamique, en empruntant les filières clandestines utilisées par les migrants pour gagner les bords de la Méditerranée, selon des sources concordantes non confirmées.
Ces combattants éliraient domicile à Syrte, bastion de l’organisation terroriste, au cœur du chaos libyen.

L’existence de ces djihadistes sénégalais a été pour la première fois évoquée par l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise, Cheikh Tidiane Gadio, et ensuite confirmée par les réseaux sociaux et plusieurs médias étrangers.

Originaire de Pikine, dans la banlieue de Dakar, Abdourahmane Mendy fait partie des Sénégalais les plus connus de la branche libyenne de l’État islamique. Il aurait quitté le Sénégal pour la Libye durant le premier semestre de 2015.

Depuis le mois d’octobre dernier, cet ancien peintre en bâtiment d’une trentaine d’années multiplie les messages en arabe ou dans un français approximatif sur son profil Facebook.

Affirmant se trouver à Syrte pour mener le jihad, il tient un discours radical, n’hésitant pas à s’attaquer ses compatriotes qui, selon lui, ne sont pas de « vrais » musulmans.

Abdourahmane Mendy publie aussi régulièrement des photos dans lesquelles il se met en scène, kalachnikov en main ou index levé vers le ciel, signe de ralliement des jihadistes de l’EI.

Il dévoile aussi régulièrement des clichés d’autres Sénégalais présents à ses côtés en Libye.

C’est par le biais d’une interview publiée à la mi-janvier 2016 sur le site sénégalais buzz.sn qu’Elimane Diop, de son nom de guerre Abou Jafar Diop, âgé d’une vingtaine d’années, s’est fait connaître à ses compatriotes.

Dans cet entretien il déclare se battre pour l’État islamique à Syrte depuis le mois de mars 2015 et débite, sur un ton menaçant, sa rhétorique jihadiste : « Nous prions nuit et jour pour faire partie des martyrs sur le sentier d’Allah », « Nous aimons la mort comme les mécréants aiment la vie »…

Mais le jeune jihadiste, qui se garde d’en dire plus sur sa trajectoire personnelle, désigne aussi clairement les confréries soufies comme une cible à abattre au Sénégal.

« Tous les soufis vont se soumettre à la charia par la force (…) On va les combattre par notre façon jusqu’à ce qu’ils arrêtent de faire le tour des tombes de leur marabouts, jusqu’à ce qu’ils arrêtent de fêter le Gamou et le Magal dans tous les coins. Et jusqu’à ce que les ‘Layène’ (une confrérie de la région de Dakar) renoncent à leur croyance de folie… »

Le médecin de la bande est Sadio Gassama (25 ans).

Il a fréquenté la faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) avant de rejoindre les rangs de l’EI à Syrte, en septembre 2015.

Selon un proche de sa famille, ce jeune homme originaire de Zinguinchor, en Casamance, s’est radicalisé en quelques mois au contact des milieux salafistes de l’université.

Dans une interview avec le site sénégalais senenews.com, il se présente comme « médecin jihadiste », affirmant au passage que le Sénégal peut être la cible d’attentats – notamment en raison du président Macky Sall, qu’il considère comme « un des pions qui mènent la lutte contre l’Islam ».

Lui aussi dispose d’un profil Facebook qui donne notamment un bref aperçu de son ancienne vie d’étudiant et de sa rapide radicalisation au point d’afficher sa volonté d’instaurer la charia dans son pays.

Abou Hatem, de son nom de guerre, serait le chef des combattants sénégalais de la branche libyenne de l’État islamique. Peu d’informations filtrent sur lui, au point que sa véritable identité reste inconnue, au-delà d’un cercle de fidèles.

Ses « frères » jihadistes évoquent son nom de guerre à plusieurs reprises dans leurs messages sur Facebook, mais ne donnent pas plus de précisions sur ce personnage visiblement respecté dans le milieu djihadiste.

Outre ces différents individus, plusieurs ressortissants sénégalais qui avaient rejoint l’État islamique auraient été tués dans des combats en Libye ces derniers mois, comme Hassane Diene (alias Abou Khalid), Saïd Ba, ou encore un certain Abou Zaïnab.

«C’est une évidence. Personne au monde, à plus forte raison au Sénégal, ne peut connaître le nombre exact de djihadistes au front. Et sur 100 candidats partis, seuls 10 survivent», note le sociologue Mignane Ngom qui a soutenu son mémoire sur les candidats sénégalais au djihadisme.

Selon lui, le combattant qui s’engage au front a de très minimes chances de survivre. «Cela, explique-t-il, est dû aux conditions de vie défavorables à l’idéologie barbare inculquée aux combattants».