Les trois raisons du « NON » de Rewmi au référendum du 20 mars…Comment Idy a démonté Macky ?

Une gifle contre l’abime

Le mercredi 09 Mars 2016 s’est tenu à Clamart un meeting organisé par le FPDR qui réunit plusieurs partis politiques du Sénégal. Ce meeting a été l’occasion pour Idrissa Seck, Président du parti Rewmi  de rencontrer la Diaspora Sénégalaise de France. Il en a profité pour remercier cette diaspora dont l’apport pour le Sénégal ne cesse de se confirmer et de se concrétiser en termes de projets au fil des années. Idrissa a magnifié la main active de ces braves Sénégalais de l’extérieur qui n’ont pas attendu Macky Sall pour réaliser des écoles, des forages, des puits, des centres médicaux et toutes sortes d’infrastructures dans toutes les localités du pays. « Vous symbolisez toutes les valeurs chères au Sénégalais : la bravoure, le culte du travail, l’honneur et l’endurance » dira-t-il.

Idrissa Seck a aussi profité de cette occasion pour apporter quelques arguments sur la nécessité de voter « Non » au référendum du 20 Mars.

La première de ces raisons est le caractère nébuleux de la publication de la réforme constitutionnelle et l’amateurisme liée à la planification et à l’organisation de ce référendum. Il souligne à juste titre que la grande majorité des Sénégalais ne connaissent pas le contenu de cette réforme. Il demandera à l’assistance de faire le test eux-mêmes en posant quelques questions sur le référendum à leurs proches. Pourquoi tant de précipitation ? Pourquoi tant de désordre ?  Le gouvernement a jugé nécessaire de demander l’avis du peuple, pourquoi ne prend-il pas le temps d’expliquer à ce même peuple les tenants et les aboutissants de cette réforme ?  Pourquoi le peuple devrait-il apposer sa signature sur un texte qui ressemble plus à un piège qu’a une de fortifier la démocratie ?  La propagande entamée par le gouvernement, le manque d’équité manifeste du  ministère de l’intérieur qui se traduit par une caricature de bulletin de vote pour le « Non », le manque de visibilité et de lisibilité lié à la gestion du fichier électoral et des centres de votes sont autant de raisons de voter non.

La deuxième raison évoquée par Idrissa Seck est le rejet par notre peuple, par notre culture et par nos valeurs du « Wakh wakhet » et du reniement.  La plus haute autorité du Sénégal, la personnalité la plus importante de la nation envoie aujourd’hui le pire des messages à sa jeunesse. Le Président Macky Sall s’est construit une image à crédit sur le dos de la réduction de mandat et sur le dos des Sénégalais. Il a sillonné les pays et les évènements internationaux, criant à tue-tête sa volonté de montrer que le dirigeant Africain n’est pas une éternelle sangsue que seul le courroux du peuple peut déloger du pouvoir.  Au moment d’honorer sa dette, Macky SALL est désespérément absent. Une raison de plus pour le sanctionner, par une victoire massive du « Non ».

La troisième raison et non la dernière est la mauvaise situation économique et sociale du pays. Les enseignants sont en grève, les collectivités locales sont en grève, les travailleurs de la santé sont en grève, la justice est en grève. Toutes ces grèves sont faites pour une seule et même raison : le gouvernement n’honore pas sa signature, ses engagements. Le gouvernement de Macky promet toutes les années de nouvelles choses à ces professionnels ; Les promesses s’accumulent, les réalisations se font attendre. En ce moment décisif, il est donc incompréhensible que l’Etat décide d’utiliser les milliards du contribuable pour organiser un référendum dépouillé de sa substance. Une raison de plus pour voter « Non ».

La victoire du « Non » pour ce référendum est donc plus qu’un reniement, c’est un symbole et un avertissement. Macky nous donne l’occasion de lui transmettre la réelle vérité du peuple, celle que ces conseillers font semblant de ne pas entendre. Macky donne au Sénégalais l’occasion  de lui rappeler que le chemin emprunté jusqu’ici n’est pas la bonne, le Sénégal de l’émergence n’est pas l’APR des slogans. Le Sénégal de la croissance n’est pas le Bokk Guiss-Guiss de la restriction des libertés. Ce référendum est le moyen de gifler le conducteur du train Sénégal ; afin que celui-ci se réveille et afin que celui-ci ne nous précipite pas dans l’abime.

Cheikh T. Cissé

Jeunesse Rewmiste de Paris