Les travailleurs de la Justice déterminés à combattre pour préserver leurs acquis

NOTE DU POINT DE PRESSE DU SYNDICAT DES TRAVAILLEURS DE LA JUSTICE
Je vous remercie d’avoir bien voulu répondre à notre Invitation de ce matin.
Nous voulons prendre le peuple sénégalais et l’opinion publique à témoin des actes de provocation que le gouvernement ne cesse de poser en général à l’encontre des travailleurs de l’administration sénégalaise et en particulier à l’encontre des travailleurs de la Justice. Cette provocation se caractérise par la remise en cause sans cesse par le gouvernement des droits acquis par les hommes et les femmes qui sont au service de leur nation.
En effet de sources sûres, nous détenons des informations alarmantes selon lesquelles le gouvernement serait aminé par la ferme intention de retirer aux travailleurs de l’administration la jouissance de certains avantages tels que les primes et heures supplémentaires. Qu’à cet effet, ces éléments de rémunération ont été retirés des salaires dont le paiement est programmé pour la fin du mois de novembre 2015 bien qu’ils eussent été déjà pris en compte.
Cette attitude du gouvernement serait d’autant plus provocatrice puisqu’elle mettrait beaucoup de partenaires sociaux devant le fait-accompli qui ne laisserait aucune marge de manœuvre aux travailleurs si cela ne serait autre que la protestation dans ses formes les plus fermes.
Ainsi, l’administration sénégalaise en général et le secteur de la Justice en particulier serait bientôt le siège de profondes perturbations s’il advenait qu’à la fin du mois de novembre 2015 les heures supplémentaires fussent réellement retirées des bulletins de salaires des ayant-droits. Effectivement, aucun syndicat de l’administration ne pourrait tolérer que le droit acquis de ses membres fût vertement remis en cause au gré des humeurs du gouvernement.
Dans cette dynamique le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) est déjà mobilisé pour parer à toute éventualité dans l’optique de défendre avec la dernière énergie les droits inviolables de ses membres. En effet le SYTJUST avait déposé le 12 juin 2015 un préavis annuel de grève pour les mêmes faits et causes qu’il mettrait en exécution si le gouvernement persistait dans son dessein de ne payer les heures supplémentaires ou à plus forte raison de les supprimer.
Le combat pour la préservation des acquis étant commun à tous les travailleurs de l’administration, le SYTJUST n’a pas hésité à inviter à la lutte ses partenaires de l’Union des Syndicats de l’Administration Centrale (USAC) que sont le Syndicat Autonomes des Impôts et Domaines (SAID), le Syndicat Unique des travailleurs du Trésor (SUTT), le Syndicat des Inspecteurs et Contrôleurs du Travail de l’Action et de la Sécurité Sociale (SICTTRASS), le Syndicat Autonome du Commerce (SYNACOM) et le Syndicat des Agents de l’Administration du Sénégal (SAAS). Une concertation est imminente pour mettre sur pied une dynamique unitaire face à l’éventuelle agression.
Les travailleurs de la justice lance un appel à tous les syndicats et amicales de travailleurs de l’administration dans l’optique de constituer un front unique contre tout attentat aux droits acquis des serviteurs de la nation.
Ainsi dit, le peuple sénégalais, l’opinion publique nationale et internationale sont pris à témoin de la provocation que gouvernement ne cesse de perpétrer à l’encontre des travailleurs de l’administration en général mais aussi à l’encontre de travailleurs de la Justice en particulier. Que le gouvernement soit tenu comptable de toute ébullition du front social dans les différents secteurs de l’administration.
Au-delà du principe de défendre un droit acquis, le combat que mènent aujourd’hui les travailleurs de la Justice est un acte de survie contre la pauvreté. Effectivement, pour beaucoup d’entre, eux la décence de leurs rémunérations ne tient qu’aux heures supplémentaires. La pauvreté exécrable des travailleurs est une réalité qu’on occulte toujours dans le secteur de la Justice. Elle en constitue un terreau propice à toutes inclinations blâmables telles que la corruption dont le spectre plane ces jours-ci sur notre environnement professionnel.
Ce combat serait d’autant plus légitime qu’il paraitrait que c’était pour éviter un dérapage budgétaire que le gouvernement eût décidé d’élaguer les paiements des heures supplémentaires pour les fins des mois de novembre et décembre 2015. Selon les informations que le SYTJUST détient, le gouvernement se serait convenu avec la banque mondiale d’arrêter la masse salariale pour l’année 2015 à 526 milliard pour lesquelles 446 milliard ont été déjà utilisé, qu’il resterait seulement une marge de 80 milliard alors la masse salariale mensuelle serait de 42 milliard.
Quoi qu’il en soit, les travailleurs de la justice refuse de payer la facture. Si des mesures d’austérité budgétaire devraient être prises pour que le gouvernement puisse honorer les engagements auxquels il aurait souscrits auprès des bailleurs, les travailleurs de la Justice considèrent légitimement qu’elles auraient dû être appliquées à d’autres couches privilégiées de salariés de l’Etat.
C’est le lieu de rappeler le point de vue émis lors d’une conférence de presse par l’USAC et selon lequel la masse salariale a connu un accroissement fulgurant du fait des recrutements aux relents politiques, d’un abus de recours aux contrats spéciaux, des subventions aux structures parapubliques telles que les nombreuses agences etc…
Une analyse plus fine de la situation pourrait permettre d’avoir une autre lecture réaliste des raisons sous-jacentes à cette tentative de néantiser les heures supplémentaires. En effet, elle pourrait être un moyen de divertissement des syndicats de la fonction publique afin de se soustraire de l’obligation de réponse aux demandes formulées dans les différentes plateformes revendicatives. Quoi qu’il en soit encore c’est l’occasion aussi de prendre à partie les politiques salariales élaborées et impulsées par le ministère de l’Economie et des Finances et le ministère chargé du budget. Elles sont dépourvues de visions sociales pour les rémunérations des travailleurs de l’administration et mettent seulement en avant les directives de la banque mondiale et du FMI. Ces deux ministères sont en réalité les maîtres d’œuvre de cette provocation.
Que personne ne s’y trompe, cette tentative de supprimer les heures supplémentaire est un véritable coup de bâton à la ruche qui peut même aboutir à une imminente grève générale dans la fonction publique et le gouvernement en serait l’unique responsable
Le SYTJUST réaffirme sa toute détermination à mener le combat jusqu’à ce que le gouvernement renonce à son ambition d’éliminer les heures supplémentaires et les autres maigres avantages des travailleurs de l’administration.
Il est tout fait regrettable que le gouvernement sème les germes d’une ébullition sociale dans l’administration. Cela est d’autant plus regrettable pour le secteur de Justice où le SYJUST n’est pas allé en grève depuis le 30 juillet 2013 bien qu’il a déposé une plateforme revendicative depuis le 17 août 2014.
C’est dire que le SYTJUST peut négocier les revendications pour un climat social apaisé, mais qu’il ne saurait jamais négocier un droit acquis. Que tout le monde se le tienne pour dit.
Je remercie de votre aimable attention.

Faite et lue à Dakar, le 25 novembre 2015.