Les Soufis du Sénégal contre toute entreprise terroriste

Se disant « foncièrement attaché à la sécurité et l’intégrité nationale, comme à la sûreté et la permanence de l’Etat », le cercle des intellectuels soufis, par la voix de son président Serigne Fallou Dieng condamne «toute action de destruction massive, toute velléité de subversion sociale et toute entreprise terroriste». Poursuivant, le cercle des soufis reste catégorique : « aucune association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ne saurait être ni tolérée ni cautionnée et que la fermeté serait préconisée ». Les soufis tiennent toutefois à souligner qu' »il faudrait nécessairement avant tout, cerner les ‘ressorts psychologiques’ desquels se repaît le terrorisme à savoir : les sentiments d’abandon, d’exclusion et de déni de justice ».
Selon Serigne Fallou Dieng et ses compagnons, « le code de conduite de la tradition pacifiste est harcelé par ‘l’esprit djihadiste’ qui ne cesse de gagner des parts d’attention dans le discours religieux ». Ce qui est « symptomatique d’une tendance qui mine la crédibilité de nos marabouts et (soupapes de sécurité) » parce que, disent-ils, « ce n’est pas un mystère que c’est ‘le défaut d’enracinement’ dont souffre ce magnifique pays dessiné par des siècles de sagesse ancestrale », à travers « le prestigieux projet éducatif des grands fondateurs de confréries ». C’est pourquoi les soufis pensent qu' »il y a lieu de relever le défi de l’enracinement des fidèles au lègue des aïeuls ».
Maintenant, estiment-ils, « c’est le caractère vermoulu, fossilisé et abrutissant du très politique et mercantiliste ‘ndigël religieux’ auquel s’ajoute le fait que le marabout soufi s’affiche toujours à ‘côté du manche’ au détriment du peuple, qui ont fait que le discours radical fait sa résonance dans le milieu social et s’impose en tant que ressource rare dans le marché de ‘l’attention sociale' ». Le cercle dit, par ailleurs, fustiger « ces déclarations à l’emporte-pièce auxquelles se livrent ces soi-disant associations soufies qui sortent du bois pour déborder dans le sens de stigmatisations contre des ‘salafistes sénégalais’ qu’ils ravalent au statut de « dhimmis », c’est-à-dire des non-musulmans d’un État musulman.