Les Sénégalais ne veulent plus passer par la Gambie…La voie de contournement réclamée

Les sautes d’humeur du Président gambien qui ont installé le ras-le-bol chez l’administration Macky Sall, les populations sénégalaises, voire gambiennes, énervent particulièrement du côté de la Casamance où l’on se demande s’il n’y a pas un projet d’isolement savamment orchestré par Yaya Jammeh en vue de déconnecter le Sud du Nord.

La religion pratiquement faite que l’administration Jammeh ne fera rien pour « civiliser » la traversée par le bac de Farafenni, les populations de la région naturelle de Casamance demandent au Président Macky Sall de réunir toutes les conditions pour la réalisation de la voie de contournement de la Gambie.

« C’est vrai qu’en passant par la Gambie, nous faisons 450km, mais au regard de ce que l’administration gambienne nous fait vivre, nous préférons prendre la voie de contournement qui est longue de 571km. Cela est devenu une impérieuse nécessité pour les Ziguinchorois, les populations des autres localités et pour l’économie de tourner le dos à des gens qui ne nous respectent pas », crache, amer, M. Sady Badiane du Comité d’initiative pour la voie de contournement de la Gambie.

Pour ce « patriote » qui appelle au « patriotisme » face à « l’insolence et l’incivilité », Macky Sall et son gouvernement doivent « mettre désormais en avant les intérêts du pays ».

« Nous optons pour la réalisation de cette voie de contournement parce qu’elle est un vecteur de développement pour tous les villages. Cette voie favorisera la construction de stations d’essence, l’ouverture de boutiques, la création de source développement. Elle permettra aux populations et aux villages de développer une réelle économique. Elle permettra surtout à nos produits de ne plus pourrir à Farafenni », insiste M. Badiane.

« Car, selon lui, les camions de fruits attendent parfois « deux semaines » avant d’arriver à leur destination. « Ils sont bloqués pendant deux semaines, voire plus, à l’arrivée, les fruits pourrissent. C’est le cas des mangues. Les pertes sont énormes », ajoute-t-il, non sans se demander « s’il n’y a pas une volonté de faire mal et de favoriser les conditions de difficultés interminables ».

Entre vaches et ânes

« Ce bac nous déconnecte du Nord. Un seul exemple, le journal de votre groupe (L’observateur), arrive à Ziguinchor 24 ou 48 heures après sa parution à Dakar », se plaint Badiane. Un retard qui « s’entend » dans la mesure où les frontières gambiennes sont fermées à 19H00.

Le calvaire ne s’arrête pas là. Quand les frontières sont fermées, les usagers dorment à la belle étoile. « Il faut débourser 1000 francs pour la location d’un matelas pour une seule personne et si l’on veut boire on paie 250 francs pour la petite bouteille d’eau. Dans la journée, pour se mettre à l’ombre, on entre dans les boutiques tenues bien sûr par les Gambiens et bien entendu, il faut acheter si l’on veut profiter de l’ombre », signale un Badiane qui en a fini avec l’administration gambienne.

L’administration Yayah Jammeh va si loin dans « l’ignominie » qu’elle fait traverser « personnes et animaux » en même temps.

La tabaski dernière, les usagers étaient séparés d’un troupeau de vaches par une corde, quelques temps avant, c’était des ânes. Et il n’y a rien à y redire. C’est prendre le bac de Farafenni et se taire ou alors décider d’un voyage meilleur d’ailleurs de rigueur et de dignité pour les Sénégalais et autres, les usagers en définitive.

Une question des droits de l’homme, de civilité, de dignité, d’économie certes mais aussi et surtout d’indépendance, de souveraineté.