Les partisans de Khalifa interpellent Macky : « Se rappelle-t-il des conséquences du « Wax waxeet » de Wade ? »

Monsieur le président de la République,
Plus d’une fois, vous avez souligné l’importance que vous attachiez aux institutions, à la démocratie et à la séparation des pouvoir. Voilà que votre décision se propose de faire adopter une réforme qui entraînerait, à plus ou moins brève échéance, un affaiblissement dramatique de la démocratie, des institutions, et, par-dessus l’image de la République.
Cette réforme, vous la défendez avec votre grâce et votre humeur habituelle et avec une sûreté d’elle et une hauteur mutine dignes d’une meilleure cause. Peut-être vous souvenez-vous, Monsieur le président, des conséquences du « wax waxett de Wade »?
Monsieur, c’est que votre projet suscite déjà, et à droite et à gauche, une opposition farouche.
On peut comprendre cette levée de boucliers. Il y a encore que 4 ans et plus, l’exception démocratique était sur toutes les lèvres. Cette exception plongeait ses racines dans la chance que ce pays a de ses grands que vous considériez d’ordinaires.
Non seulement notre stabilité entière sort d’eux et de ce peuple qui ne tolère point le reniement, mais la constitution dont vous vous servez pour parler de l’intangibilité du caractère de notre laïcité, perdrait tout son sens et deviendrait opaque sans une référence constante aux racines de société où l’islam ou le christianisme n’ont jamais eu de problème avec la nation ou l’Etat. Le Sénégal occupe déjà aujourd’hui en Afrique une place plus restreinte qu’hier. Couper notre image de ses racines « gor ca wahdia » serait la condamner de propos délibéré à une mort programmée.
Mettre en vigueur le projet de réforme, ce serait menacer toute la partie et non ton parti peut-être la plus brillante de notre histoire.
La dignité et le « ngor » sénégalais deviendraient vite illisibles. Khadimou Rassoul, Elhadji Malick Sy, Cheikhal Islam Baye Niass, Elhadji Omar Foutiyou Tall, Bou kounta Ndiassane,…changeraient aussitôt de fils et seraient difficiles hontes de vous. Léopold Senghor, Lamine Gueye, Mamadou Dia, Valdiodio Ndiaye,.. sans même parler de Kéba Mbaye tomberaient dans une trappe si nous n’apprenions plus de leur legs, si nous ignorions, par malheur, que nous sommes au Sénégal pays de la parole d’honneur, si nous nous écartions de cet héritage et de cette chance à qui, vous le savez bien, nous devons presque tout.
Les burkinabès tiennent à leur intégrité, les maliens tiennent à leur dignité, les Gambiens à leur honneur, les Guinéens à leurs racines,….
Nous sommes les enfants de ces Eridu et nous nous détournerions d’eux! Les angoisses de Aline Sitoyé Diatta , les malheurs des femmes de Nder, le rire en larme de nos héros, les aventures de nos tirailleurs, la passion de nos diambars font partie de notre héritage au même titre que le vase de Degaul que tu forces, que la poule au pot de Holland, que les discours Sarkosiens ou de Obamiste, que ta belle et jolie famille .
C’est pourquoi nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous couper notre destin et les critères selon lesquels le Sénégal s’est toujours glorifié.
Nous vous en regrettions à l’avance, et vous prions de recevoir, Monsieur le Président, l’assurance de toute notre déception.
Daouda Lord Thiam coordinateur étudiants de Khalifa Sall(ADK)