Les étudiants de l’UCAD menace de bloquer tout le système

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) risque d’être à nouveau perturbée. En effet, les étudiants ont fustigé, hier, le non-respect du paiement des bourses à date échue, la fermeture des nouveaux pavillons, depuis leur inauguration, entre autres problèmes. Ils ont même menacé de bloquer tout le système si l’Etat tarde à réagir.
Regroupés, hier, dans le hall du Pavillon A, ces étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) sont de nouveau sous le pied de guerre. Saër Diouf et ses camarades ont fustigé, hier, le non-respect du paiement des bourses. Alors que les autorités avaient décidé de virer l’argent tous les 25 du mois.
 » Il y a quelques mois, le ministre de l’Enseignement supérieur et le directeur des bourses nous avaient dit qu’à chaque 25 du mois, ils allaient payer les bourses. Et aujourd’hui nous sommes le 8, et jusqu’à présent, nous n’avons pas reçu nos bourses », a relevé Saër Diouf, président de la Commission sociale de la Faculté des lettres et sciences humaines (Flsh) de l’Ucad. Et d’enchaîner : « Hier, nous étions partis s’informer de cette situation. Mais un agent de la sécurité a blessé grièvement un de nos camarades de l’Amicale de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg). Pis, il a dégainé son pistolet sur nous, ce qui est une situation à déplorer », a fustigé Saër Diouf.
« On n’a pas besoin de ces amicales pour survivre, ni réussir »
Aussi, ces étudiants ont déploré le retard constaté dans l’ouverture des nouveaux pavillons. Cela, depuis leur inauguration par le président de la République. « Jusqu’à présent, on n’arrive pas à réceptionner ces pavillons. Alors que les nouveaux bacheliers sont là sans logement. L’autre problème c’est que depuis vendredi dernier, on n’arrive pas à nettoyer nos pavillons, ils sont devenus invivables. Ce n’est pas normal ni sérieux qu’on y vive. Nous exigeons aux autorités un respect mutuel et strict de nos institutions », a recommandé leur porte-parole Saër Diouf.
Très en verve, Saër Diouf de fulminer : « Nous avons notre autonomie, les autorités n’ont qu’à les respecter. Il y a quelques jours les facultés ont procédé au vote de leurs budgets sans pour autant impliquer les amicales. Alors que nous sommes des institutions autonomes. Nos pourcentages sur les Droits d’inscription pédagogiques (Dip), les amicales n’arrivent pas à les avoir en leur possession », a déploré l’Amicale.
« On ne va pas se laisser faire, nous sommes prêts à aller au combat »
L’autre élément décrié par les étudiants, c’est la qualité de l’alimentation au niveau des restaurants. Ils ont réclamé la qualité, d’autant plus que les « les étudiants ne mangent pas à leur faim ». « Ce que nous attendons des autorités, c’est qu’elles nous prêtent une oreille attentive et nous respectent. Parce que c’est elles qui nous avaient dit qu’elles vont restructurer les différentes structures. Mais si on le fait sans leur donner leur autonomie, ça ce n’est pas une restructuration. On n’a pas besoin de ces amicales pour survivre ni réussir. Mais nous avons besoin du minimum pour survivre dans cet espace », a tenu à préciser Saër Diouf, au nom des étudiants.
Toutefois, ces étudiants très en colère contre les autorités, n’excluent pas de passer à la vitesse supérieure. « Nous sommes allés voir les autorités notamment le recteur et les doyens mais rien d’officiel n’a été retenu. Et on ne va pas se laisser faire. Nous sommes prêts à aller au combat. C’est des pourparlers et nous ne sommes pas des syndicalistes, des va-t-en guerre. Si elles ne nous assurent pas le minimum, elles vont nous trouver sur leur chemin. Nous allons passer à la vitesse supérieure quid à bloquer le système éducatif », a prévenu Saër Diouf.