Les avocats de Habré dénoncent la désignation d’avocats d’office après leur refus de participer

Le Président de la Chambre d’Assises des CAE a envoyé un courrier aux avocats du Président Habré pour leur demander de lui préciser les raisons de leur refus de participer au procès. Pourtant le Président Kam a bien constaté le refus de participer des avocats lors de la comparution forcée ordonnée par Mbacke Fall en violation de ses pouvoirs propres pour assister à l’audience préliminaire.
Dans sa lettre aux avocats, il fait état d’une jurisprudence anonyme non référenciée émanant d’une juridiction internationale sans préciser laquelle, qui poserait que les avocats doivent participer malgré le refus de leur client de prendre part à son procès.
M Gustave KAM GBERDOA semble ignorer les règles fondamentales et essentielles de toutes les juridictions pénales internationales crées par les Nations Unies qui reconnaissent que participer à son procès est un droit et non une obligation. Une règle ayant fait l’objet d’une jurisprudence constante dans l’ensemble des affaires jugées par ces juridictions internationales où il n’y a jamais eu une seule comparution forcée.
Violer les règles quand cela arrange et manipuler un cas de simple jurisprudence inconnu, montre bien que les juges des CAE ne s’inscrivent pas dans une procédure légale, mais abuse du climat de complicité générale, de l’engagement du Sénégal, du poids grossier des pays occidentaux qui ont toujours pensé que l’homme Africain n’est pas un sujet de Droit, qu’il soit jeune immigré ou ancien chef d’Etat.
Le Président de la Chambre d’Assises n’a pas été gêné de voir un seul homme être conduit devant un Tribunal pour des faits qui concernent un pays tout entier et dans un contexte de guerre où il faut être au moins deux pour la faire sans compter qu’ils étaient 10 chefs de groupes politico militaires pro-khaddafi contre le Président Habré, seul à défendre son pays.
Dans aucune juridiction internationale, une telle folie ne s’est jamais produite. Un tribunal pour un seul homme, rien que ce seul fait est une atteinte grave à tous les principes qui irriguent un procès pénal dont l’objectif central est la recherche de la Vérité des faits.
Dans un procès pénal normal, ce que les juges recherchent : c’est qui a commis les faits, quand, comment et pourquoi. Ce que les juges des CAE font ; c’est accepter d’emblée, que le Président Hissein Habré soit le seul coupable et la mission est de rassembler tout et n’importe quoi pour le faire condamner.
La défense informe que cette lettre du Président Kam GBERDOA est une argutie de plus destinée à la désignation d’avocats d’office qui ont déjà été sélectionnés.
Ces avocats d’office qui seront payés par les CAE ne pourront exercer leur véritable office contre la volonté du Président Habré. Ces avocats d’office seront de nouveaux maillons dans la longue chaîne de complicité dans laquelle s’est positionnée la plus haute juridiction sénégalaise à savoir le Conseil Constitutionnel qui est allé jusqu’à falsifier, en effaçant une partie d’un article de la constitution sénégalaise dans un arrêt qui constitue un véritable scandale et qui marquera l’histoire de cette institution.
De plus, le Président Habré n’acceptera pas d’être défendu par aucun de ces avocats payés par les CAE et par Idriss DEBY, bailleur de fonds principal des CAE.
L’opinion nationale et internationale a suivi, avec effarement, les innombrables violations des droits de la défense dans une affaire dont le principal marqueur reste la défaite du Droit face à la politique de l’arbitraire. Les forces de sécurité (DIC, BIP, GIGN) sont désormais au service de la politique, et ont été sorties de leur mission première qui est de veiller au respect de la Loi, dans l’affaire Habré, ces forces font la Loi (enlèvement, perquisition, conduite forcée) et sont utilisées pour faire avancer le complot.
Ces forces mises en branle par le Sénégal en soutien aux juges des CAE, font partie des institutions sénégalaises tout comme le CNRA. La défense attire l’attention de l’opinion sur l’attitude sélective des juges des CAE, qui utilisent l’institution « forces de sécurité » pour brutaliser, casser et rejettent la décision de l’institution « CNRA » qui a interdit la diffusion du procès dans les médias sénégalais quels qu’ils soient. Sur ce point, la défense attire l’attention du CNRA sur la violation de sa décision par les CAE.
Le Président GBERDOA est resté de marbre devant le travail exclusivement à charge de ces collègues de la chambre d’Instruction qui sont partis au Tchad sans demander un seul témoignage à décharge face à 13 millions de Tchadiens.
Ainsi donc, sur 13 millions de Tchadiens, pas un seul n’a pu avoir la liberté de se présenter pour apporter un témoignage à décharge sur le Président Habré et quant aux juges d’Instruction, ils cherchaient, avant tout à plaire à DEBY et à accumuler des perdiem de tous les côtés comme on l’a vu.
L’histoire de ce procès Habré vu par les Occidentaux et leurs complices africains ressemblera à l’Histoire de notre continent où tous les crimes contre l’humanité, crimes de pillage économique, crimes d’Etat, et autres, qu’il a subit et continue de subir, sont minimisés et relativisés du fait de la complicité active de quelques africains enrôlés aux côtés des occidentaux pour nuire à leurs frères africains et qui, au finish, sont utilisés par les Occidentaux pour se dédouaner de leurs crimes contre les peuples d’Afrique.
Autrement dit, ceux qui contribuent à saper l’œuvre de justice, sont bien les juges des CAE qui ont failli à leur mission d’un bout à l’autre de la procédure.
Doit-on rappeler qu’aux termes d’une jurisprudence constante des Cours des droits de l’homme et des juridictions pénales internationales, il ne peut y avoir de procès équitable sans enquête équitable, sans respect des droits de la défense et sans respect des dispositions légales.
En définitive, la question de l’entrave à la justice dans l’affaire HISSEIN HABRE n’est pas le fait de la défense mais des pouvoirs politiques sénégalais, tchadiens, étrangers et du Procureur M’Backé FALL et ses collègues.

Les Avocats. Fait à Dakar, le 9 Juillet 2015

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