Le secteur de l’arachide au centre du polémique entre huiliers et…

Le dossier que Jeune Afrique a consacré à la filière arachidière intitulé «Arachide, état d’urgence» n’a pas l’heur de plaire au ministère de l’Agriculture. Pour cause, le magazine y va d’une manière si critique que dans les couloirs du ministère, on crie au parti-pris en faveur des huiliers. La peinture que le journal fait de la filière fait en effet pousser des urticaires et des soupçons d’une main de lobbies qui veulent mettre de nouveau la filière de l’arachide sous coupe réglée au Sénégal. Et ces lobbies, nos interlocuteurs au niveau du ministère ne vont pas les chercher loin : ils indexent les huiliers. «Pour une fois, depuis indépendance, il n’y a pas eu de bradage des récoltes dans le marché noir, les paysans ont bien vendu leur arachide à des prix dépassant même parfois celui au producteur légalement fixé et cela s’est traduit par une augmentation conséquentes de leurs revenus», relèvent nos interlocuteurs.
«Cette nouvelle donne, poursuivent-ils, n’a pas fait le bonheur des huiliers qui avaient l’habitude, avant alors qu’il n’y avait pas cette concurrence des acheteurs extérieurs, d’imposer tout ce qu’ils voulaient au gouvernement. Maintenant avec l’ouverture du marché, soit ils prennent ou d’autres achètent». Une situation qui n’arrange pas leurs affaires. «Les huiliers font tout pour reprendre une situation de monopole qu’ils ont perdue et ne lésinent pas sur les moyens de communication via des relais comme JA parce qu’on ne peut pas parler de toute une filière arachidière, parler aux huiliers, passer rapidement voir un ministre et oublier les producteurs, véritables acteurs du secteur», s’étranglent-ils.

«Il faut qu’ils entendent les producteurs au lieu de se fier aux huiliers seulement qui veulent nous lancer dans de faux débats. Ces derniers veulent tuer un secteur qui n’est pas mort avec un prétendu diagnostic qui prend le contrepied de tout ce qui a été dit et retenu, il y a seulement deux mois lors du Conseil interministériel présidé par le Premier ministre et qui a réuni tous les acteurs de la filière», s’écrie-t-on au ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural où on ne manque d’ailleurs pas de s’interroger : «Un journal étranger peut-il être plus légitime qu’un Conseil interministériel où tous les chiffres qui ont été donnés par le ministère ont été validés par tous les acteurs et la Fao sans qu’aucune contestation n’ait été relevée sur les détails des 1,2 million tonnes de productions céréalières que le Sénégal a réussies ?». En tout cas, nos interlocuteurs se plaisent à rappeler que «la conclusion unanime a été que la campagne agricole 2015-2016 a été une excellente campagne». «Et ces faits, aucune peinture ne peut les masquer», concluent-ils.