Le directeur dudit Magazine Jeune Afrique ne comprend toujours pas les virulentes réactions des Sénégalais

Une semaine après les séries de contestations contre la caricature de Serigne Touba faite par l’hebdomadaire Panafricain, « Jeune Afrique », le directeur dudit Magazine ne comprend toujours pas les virulentes réactions des Sénégalais.
Les réactions des Sénégalais raisonnent dans la conscience du Directeur de publication (Dirpub), Jeune Afrique, Marwane Ben Yahmed. Pour lui, certains Sénégalais sont allés très loin en voulant comparer son canard à « Charlie Hebdo ». « L’essentiel est que, contrairement à ce qu’affirment ceux – et ils sont nombreux – qui nous comparent volontiers à Charlie Hebdo, nous n’avons jamais souhaité offenser volontairement qui que ce soit. Charlie a son ADN, la satire, la caricature, la provocation, l’athéisme. Il s’adresse en priorité à un public français qui revendique le droit au blasphème. La publication des caricatures du Prophète Mohammed était un acte délibéré et assumé. Et Charlie n’a donc, en toute logique, jamais estimé devoir s’excuser de les avoir publiées. J.A., qui laboure depuis plus d’un demi-siècle les sillons de l’information, de la réflexion et du débat serein, n’est pas Charlie ; tous ceux qui le lisent le savent », se justifie Ben Yahmed Junior.
Et le big boss du magazine a laissé entendre qu’il respecte « toutes les croyances et toutes les convictions, et ne goûtons guère la provocation. Quand nous commettons une erreur ou quand nous nous trompons, nous l’assumons et le reconnaissons volontiers. Tout le reste, nous en sommes fiers. » Après les excuses, Jeune Afrique ne comprend pas toujours pas les réactions des Sénégalais. « Les injures et les menaces, qui font parfois froid dans le dos. Exprimer sa colère, son ressentiment ou sa volonté de se détourner d’un journal qu’on appréciait avant est une chose. C’en est une autre de réclamer sa censure (l’objet du délit ayant de surcroît disparu) – vive la démocratie ! – de menacer de mort, d’écartèlement ou de je ne sais quel supplice moyenâgeux les membres de sa rédaction. Passons sur l’extrême vulgarité de certaines insultes », a-t-il regretté. Avant d’ajouter qu’ « une chose est sûre : certains devraient s’inspirer davantage des préceptes et de l’enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba, qui incarne un islam de paix, de dialogue et de modération. »
J.A, a été accusé de tous les maux : « Ennemi de l’Afrique et de l’islam », membre du « grand complot occidental » qui vise à pervertir les mœurs sénégalaises et à désacraliser ses figures, vecteur du « virus de l’homosexualité », chantre de la « franc-maçonnerie »… En répondant à ces accusations, le Dirpub dira que « notre réponse est simple : J.A., c’est J.A. Ses écrits, ses prises de position, ses combats – depuis, répétons-le, plus d’un demi-siècle – sont connus. »
Rewmi