L’affaire du meurtre de l’Etudiant Bassirou Faye n’est pas encore fini…

Prolongations du procès Bassirou Faye, du nom de l’étudiant qui avait été tué à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Mais cela se joue sur le divan du psy. En fait Khalifa Babacar Diagne, Psychologue conseiller au Coud a peu goûté qu’un avocat de Boughaleb (le policier finalement condamné dans le meurtre de l’étudiant) ait, lors d’une conférence de presse, «tenté de discréditer le témoignage de l’étudiant Sette Diagne, allant jusqu’à le traiter de ‘déséquilibré mental’». Une sortie qui a poussé M. Diagne «en (sa) qualité de psychologue chargé de la prise en charge et du suivi psychologique des étudiants de l’Ucad, surtout en cas d’évènement traumatisant comme la mort de Bassirou Faye» à faire des précisions à l’avocat de la défense. D’autant, plus, justifie-t-il, qu’il a «suivi, entre autres étudiants, Sette Diagne dans le cadre d’un simple protocole de routine, en accord avec lui et ses proches».
Mieux, pour justifier ses précisions à l’endroit de l’avocat, le psy invoque «l’article 25 du code d’éthique et de déontologie des psychologues qui stipule : «Le psychologue a une responsabilité dans la diffusion de la psychologie auprès du public et des médias. Il fait de la psychologie et de ses applications une présentation en accord avec les règles déontologiques de la profession. Il use de son droit de rectification pour contribuer au sérieux des informations communiquées au public». Ces préalables dits, le psychologue conseil souligne que «contrairement aux allégations de cet avocat, Sette Diagne n’a aucun antécédent psychiatrique. Il jouit de toutes ses facultés mentales. Certainement, toutes les autorités de la chaîne de justice qui l’ont auditionné, des officiers de police judiciaire jusqu’aux juges du siège en passant par les juges d’instruction, se sont rendus compte que sa bonne santé mentale ne peut souffrir d’aucune contestation».

De l’avis de M. Diagne, «aucun psychologue ou psychiatre sérieux ne peut établir un diagnostic de nature à mettre en cause la santé mentale de l’étudiant Sette Diagne, régulièrement inscrit en deuxième année de physique et chimie à la faculté des sciences et techniques de l’Ucad où il suit normalement ses cours». Il ajoute que «cet avocat de la défense, peut-être, ayant une faible culture de la psychopathologie, confond psychologie et psychiatrie. Il doit savoir que n’importe quelle personne peut faire l’objet d’un suivi, d’une assistance ou d’un accompagnement psychologique sans que sa santé mentale ne soit mise en cause». Pour finir, le psychologue conseil du Coud estime que «l’enjeu et l’issue du procès de Bassirou Faye ne pouvaient pas, et ne peuvent pas encore, se situer à ce niveau, c’est-à-dire sur  l’état de santé mentale de l’étudiant Sette Diagne».