La SIDH dénonce le choix d’avocats d’office pour Habré

La commission d’avocats pour l’ex-Président tchadien, Hissein Habré est une violation des droits de la défense. C’est l’avis de section sénégalaise de la Société internationale pour les droits de l’homme (SIDH/Sénégal).
L’organisation de défense des droits de l’homme désapprouve la décision prise mardi dernier la Chambre d’assises des Chambres de commettre d’office trois avocats pour Hissein Habré.
Pour la SIDH/Sénégal, cette décision « est en parfaite contradiction avec la stratégie de défense de Habré et risque de violer, les droits de la défense aussi bien dans son esprit que dans sa lettre, et par ricochet le droit à l’équité dans le procès »
C’est pourquoi elle dénonce une « violation et une séquestration » des droits de la défense. « Si l’on peut se réjouir de l’impartialité constatée jusque-là dans la tenue du procès, la (SIDH/Sénégal) s’alarme sur les droits de l’accusé à se défendre convenablement suivant le choix de sa ligne de défense », lit-on dans le communiqué.
En fait, rappelle la SIDH, « la défense de rupture adoptée par Hissein Habré et qui consiste à garder le silence, est une stratégie de défense respectant les droits de l’accusé » . L’organisation dirigée par Me Ousseynou Faye d’ajouter que « le droit de communiquer librement avec le conseil de son choix est un droit consacré et reconnu par les textes relatifs à la tenue du procès ».
Tout comme «le droit d’un accusé à se taire pendant le procès est considéré comme découlant implicitement de deux droits protégés par les normes internationales : le droit d’être présumé innocent et le droit de ne pas être forcé de témoigner contre soi-même ou de s’avouer coupable »
Fort de ces arguments légaux, la SIDH Sénégal, invite « au respect strict des droits de la défense de Habré notamment sa stratégie de défense ». Les juges sont également invités à tenir compte « du droit à un procès équitable en garantissant l’égalité devant la justice et le respect de l’équilibre dans le traitement des parties au procès ». Par ailleurs, la SIDH s’est réjoui de la tenue du procès intervenu, « après plusieurs années de luttes des victimes et organisations de défense des droits humains contre l’impunité et pour la justice ».
Lignedirecte.sn-