La parole donnée : Le chemin vers le Mackysme…Par Mamadou Yaya Wane

Un proverbe touareg disait : « mieux vaut briser sa jambe que briser sa parole ».
Plus loin un éminent chercheur ajoute « le respect de la parole donnée est une obligation morale issue du droit canon selon laquelle toute promesse quelle qu’en soit la forme devrait être respectée sous peine de commettre un pêché ».
Monsieur le Président de la République, permettez- moi tout d’abord de vous adresser mes chaleureuses félicitations suite à votre discours de nouvel an, et votre projet de révision de la constitution ne laisse personne indifférent.
C’est pourquoi, je me plais à vous témoigner toute ma sympathie et mon admiration en vous rendant un hommage particulier à travers cette lettre ouverte.
Des canaux plus appropriés existent très certainement pour vous toucher plus directement Monsieur le Président, mais j’ai préféré utiliser ce moyen pour partager ma réflexion.
Monsieur le Président de la République,
Votre volonté inébranlable de réduire votre mandat de 7 à 5 ans est à saluer pour votre succès personnel et pour celui de la démocratie que vous incarnez dans vos actes de tous les jours. Cette décision prouve, Monsieur le Président, que vous êtes un Gand Homme, oui, vous l’êtes, car seuls les Grands Hommes évacuent leur aspiration, leur désir, leur ambition et sentiment pour mieux surmonter les nombreuses pressions venant d’horizons divers.
Comme le Président Léopold Sédar Senghor qui est entré dans l’Histoire en quittant le pouvoir en 1980 laissant son dauphin constitutionnel terminer le mandat, vous êtes le Premier Président dans l’Histoire politique du Sénégal né après les Indépendances à librement et volontairement renoncer à 2 ans de son mandat en cours. La majorité du peuple sénégalais retient en vous un homme engagé, de parole, d’intégrité morale attestée, de vertu, plein de sagesse, de lucidité et d’humilité.
Tous ses qualificatifs sont la base de votre gouvernance et constituent un atout remarquable pour la réussite de votre mission.
C’est pourquoi vous avez nettoyé à grande eau et à jamais ces vautours qui ont ruiné notre économie et abusé de ses maigres ressources.
Monsieur le Président, vous êtes en train de reconstruire un Etat, et un Etat responsable suppose des Institutions fortes et sans tambours ni trompettes vous êtes en train de l’édifier.
Monsieur le Président, vous êtes en train de bâtir un Etat fort dont la première caractéristique repose sur la sécurité d’où votre engagement à lutter contre le terrorisme.
Depuis un moment vous avez initié des concertations avec certains segments de la population et cela fait partie de notre richesse « le disso », ce qui confirme encore une fois votre génie politique.
« Concertation sans compromission » mais « concertation avec responsabilité » pour la bonne marche de notre pays dans la paix, le progrès et la concorde. Une marche vers la démocratie !!!.
En effet la démocratie exige à tous les partis politiques, et autres, le respect des institutions de la République dont la Présidence de la République est au premier rang.
Monsieur Le président de la République, sous votre impulsion :
• L’agriculture a atteint des productions agricoles records reposant essentiellement sur des cultures de rente (arachide, coton) et sur les cultures vivrières (mais, sorgho, mil, riz). Les produits maraîchers et les productions fruitières ont considérablement augmenté.
• . L’économie du Sénégal a enregistré de bons résultats qui visent à créer une nation sénégalaise émergente due à la promotion de la démocratie, de la bonne gouvernance, un capital humain de grande qualité, et l’amélioration de l’environnement des affaires.
• La diplomatie du Sénégal est en marche avec plusieurs succès enregistrés au Burkina, à l’ONU. Elle honore toujours sa place dans le concert des nations. Votre entregent a permis d’éviter une guerre fratricide au Burkina. Vous avez fait entendre la voix du Sénégal partout dans le monde du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.
• La politique sociale occupe une place importante dans votre gouvernance. Les bourses familiales pour lutter contre les inégalités sociales ont permis à des ménages de réduire considérablement leurs souffrances. La couverture maladie universelle a permis à des familles d’avoir accès à l’hôpital sans oublier les personnes du 3ième âge, les handicapés, la lutte contre la mortalité infantile.
• Le PSE que vous avez mis en place dessine ses plus grands axes de réalisation pour un Sénégal nouveau
• Le P.U.D.C corrige les disparités entre les régions en construisant des pistes rurales, des forages et autres, pour juguler les retards notés.
Monsieur le Président de la République,
Dans la civilisation mondiale nous avons connu le Marxisme, le Léninisme, le Gaullisme et plus près de nous, maintenant le Mackysme.
Vous me permettrez de noter pour le Mackysme, deux dimensions : le « concept Mackien » et « l’effet Macky ».
– « le concept Mackien » est la capacité de l’homme qui accepte le renoncement, qui refuse l’enfermement dans son organisation et qui peut s’ouvrir vers de nouveaux objets.
Il a renoncé au poste de second personnage de l’Etat : la Présidence de l’Assemblée Nationale et à tous les privilèges de l’Etat qui s’y étaient rattachés. Il ne transige pas avec ses principes pour éviter d’être en conflit avec sa morale. Le Président Macky Sall est un Homme libre, mieux un Homme politique atypique.
Il a renoncé à 2 ans de son mandat en cours parce qu’il l’avait promis aux sénégalais entre les deux tours. Une promesse ? Et Nietzsche disait : l’homme est un « animal politique dressé à promettre ». Dès lors la promesse est un acte de parole par lequel le Président de la République s’est engagé pour l’avenir.
Je promets en décomposant ce mot « pro-mets » pro venant du grec ou du latin signifie « en avant ; à la place de ; en faveur de » entrant dans la composition de nombreux mots (proposer, promettre…) voir la définition dans le dictionnaire universel.
Promettre c’est donner sa parole et on ne peut pas la reprendre de soi même. Cette parole donnée devant le peuple, seul le peuple a le pouvoir de la lui rendre d’où l’idée de référendum. La promesse inaugure ce que Nietzsche appelait : « l’implacable logique de la dette ». L’historien Louis Manarouche disait « la parole politique est cruciale ».J’ai fait ce que j’avais promis à autrui, je ne me sens pas débiteur.
Concernant la deuxième dimension « l’Effet Macky » sera l’objet de ma prochaine réflexion.

Mamadou Yaya Wane
Diplômé de l’Université Paris 8 en Sciences de l’Education
Diplômé du CESAG en Administration Gestion
Diplômé en Droit du Sport à l’UCAD
Secrétaire Général du P.I.D
Membre du C.A.M.S