Kérékou est inscrit à jamais dans les annales politiques africaines

Mathieu Kérékou est parti, l’Afrique a perdu un de ses plus illustres fils. Le nom de Mathieu Kérékou est inscrit à jamais dans les annales politiques africaines :
1. Arrivé au pouvoir en 1972 suite à un putsch, le général Kérékou a le mérite de mettre un terme à une période de forte instabilité politique au Bénin, de 1963 à 1972, caractérisée par une douzaine de coups d’Etat et une dizaine de chefs d’Etat. L’«enfant malade» de l’Afrique, avant son arrivée au pouvoir, est devenu la « vitrine de la démocratie » africaine à son départ définitif du pouvoir en 2006.
2. Mathieu Kérékou est le père des processus de démocratisation en Afrique des années 1990 avec la tenue de la « Conférence nationale des Forces vives du Bénin ». Contrairement à l’idée très répandue, le discours de La Baule du président Mitterrand n’est pas l’élément déclencheur du printemps d’Afrique subsaharienne. A La Baule, Mitterrand a, en réalité, pris la balle au rebond. La conférence nationale du Bénin (février 1990) est antérieure au sommet de La Baule (juin 1990).
3. Le « caméléon » pour parler ses adversaires politiques est l’un des rares hommes politiques du monde, jusque-là l’unique en Afrique, à avoir quitté démocratiquement le pouvoir en 1991 et y revenir en 1996.
4. En 2006, l’année de son départ définitif du pouvoir est aussi très symbolique dans l’histoire politique africaine. Cette année est aussi celle de l’émergence du mouvement « Touche pas à ma Constitution » qui finira par faire tâche d’huile sur le continent.

Par Adama SADIO ADO