Kédougou : Portrait de Waly Camara, ancien orpailleur

Le reporter de xibaaru.com a eu le privilège de discuter longuement avec Waly Camara, un ancien orpailleur qui a été investi d’une autre mission celle d’assurer la sécurité et l’organisation des orpailleurs sur le site de Bantaco.
C’est vers les années 2000 comme Bantaco commençait à accueillir beaucoup d’orpailleurs dans ses principaux sites d’orpaillage, les notables du village ont porté leur choix sur Waly Camara et ses amis pour devenir tomboulouma.
Les tombouloumas font office d’agents de sécurité dans les placers ou sites d’orpaillage. Ils y sont chargés de l’organisation de l’ordre, établissent des règlements intérieurs de concert avec les orpailleurs et veillent à leur diffusion et application. Après plus d’une dizaine d’années d’exercice, Waly Camara ne se plaint dans ce métier.
« Ce travail est une question de confiance, de franchise et d’honnêteté. Je ne me suis pas choisi comme tomboulouma. C’est le village qui a eu confiance en moi et je ne suis pas seul. C’est un travail harassant mais rentable. J’étais agriculteur, j’avais des cases dans ma maison. Je suis parvenu à construire des bâtiments en dur dans ma maison Je ne coupe plus de paille ni de bambou pour refaire mes cases. J’ai également acheté une moto et je parviens à satisfaire aux besoins de sa famille »a-t-il confié.
Dans le milieu de l’or, l’homme est souvent exposé à la corruption. Très serein, Karpha a pris l’engagement de ne jamais céder à cette facilité.
« Le bon tomboulouma doit faire correctement le travail qui lui a été confié. C’est une question de confiance. Dans chaque puits d’orpaillage ou « damman », nous recevons notre part de roches supposées contenir de l’or. C’est notre récompense. Jamais je ne cesserai d’accomplir convenablement ma mission. Je ne me laisserai jamais corrompre. Nous sommes des autochtones, nous n’allons jamais baisser les bras par rapport à l’application des règlements que nous avions établis ensemble » a-t-il indiqué.
Waly et ses amis tombouloumas s’impliquent également dans la protection de l’environnement.
« Le tomboulouma doit prendre les questions de préservation de l’environnement au sérieux. Comme nous sommes des fils du terroir. Il est important pour nous de sauvegarder l’environnement pour les générations futures » a-t-il souligné.
Tout conflit qu’ils ne parviennent pas à régler entre « tombouloumas » est porté devant la loi. Ils laissent également le soin à la gendarmerie de Kédougou de trancher les conflits violents avec effusion de sang.
Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com