Kédougou : Attention, on pollue et on dégrade l’environnement !

Dans les sites d’orpaillage l’exploitation de l’or se conjugue avec destruction passive ou active de l’environnement. Le reporter de xibaaru.com s’est rendu sur le site de Bantaco.

L’or, le métal précieux est souvent caché dans le sous-sol. L’homme n’a souvent aucune pitié à tous ces êtres vivants qui peuplent la surface superficielle du sol. Sur de vastes étendues de terres, des peuplements d’arbres disparaissent sous le poids de la colère de l’homme. Dans plusieurs sites d’orpaillage abandonnés ou opérationnels, c’est un désastre écologique qui s’affiche à perte de vue. C’est un grand désespoir pour les amoureux de l’environnement.

A Bantaco, tout comme dans les autres sites d’orpaillage exploitant l’or filonien, les orpailleurs misent sur de gros morceaux de bois pour garantir leur sécurité dans les puits d’orpaillage ou Damman. Partout dans ces sites, de gros morceaux de bois de venn très résistants jonchent le sol au bord des puits d’orpaillage. Ce bois est généralement abattu frauduleusement dans la brousse par des bûcherons  et transporté par des camions ou par des moto- taxis.

« Des spécialistes du bois  communément appelés « balandounas » assurent la sécurisation des damans ou puits d’orpaillage avec ce bois coupé en brousse et transporté dans les sites. Ils sont très souvent verbalisés par les agents des eaux et forets qui font des descentes de contrôles. Nous payons parfois 20 000 FCFA par  chargement de camion  de bois coupé » a témoigné Issaga Traoré, orpailleur à Bantaco.

Plus loin, d’autres jeunes qui n’ont pas eu l’opportunité de gagner de l’argent dans les sites se contentent de pratiquer des activités parallèles de confection de palissades ou « crintins ».

« Je suis élève originaire de la Guinée Conakry. Je suis présent ici parce que mes parents n’ont rien. C’est la raison pour laquelle je suis venu à Bantaco pour pratiquer ce métier pour avoir quelques ressources financières qui me permettront de poursuivre mes études à la rentrée des classes. Après l’obtention de mon BAC, j’aimerai aller m’installer en Angola » a confié Mamadou Saliou Diallo.

Au-delà de cette agression physique sur l’environnement, la pollution sonore constitue une autre dorme de nuisance dans les sites d’orpaillage traditionnel. Au niveau exploitation, traitement, quasiment à tous les niveaux, la mécanisation enclenchée allège le travail en créant parallèlement le malaise. C’est un ronronnement infernal à longueur de journée. Et les organes sensibles ne sont pas protégés. Rares sont les orpailleurs qui tiennent compte de la gravité de cette pollution sur leur propre santé et sur la préservation de l’équilibre de l’environnement.

Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com