Jamra & Mbañ Gacce dénoncent le fâcheux penchant récidiviste du ministère de la Culture

Les Sénégalais gardent toujours en travers de la gorge la sulfureuse Biennale des Arts, (Dak’Art 2014), parrainée par le ministère de la Culture du Sénégal, lorsqu’il fut mise à nu que ce rendez-vous culturel international, crée par le président Senghor, et qui avait acquis ses lettres de noblesse sous le régime du président Diouf, pour promouvoir nos artistes plasticiens et autres acteurs culturels, avait fait l’objet d’un scandaleux détournement d’objectif, pour servir de plateforme de promotion des unions contre-nature !
Pour en avoir le cœur net, les responsables de Jamra s’étaient rendus sur les sites d’exposition incriminés. Et quelle fut notre surprise de constater, de visu, qu’au niveau du site de la Route de Rufisque (Espace Biennale Off), il était bien mentionné, à l’entrée, sur une pancarte géante, un slogan qui en disait long sur les intentions réelles des organisateurs : «Ma première expérience en tant que Lesbienne» ! Appuyé par un suggestif portrait d’une travestie, sanglée, bien en saillie au niveau de la ceinture, d’un «sextoy» en caoutchouc, prisé, comme tout le monde le sait, par les lesbiennes, pour simuler entre-elles l’organe sexuel mâle. Pendant qu’à la galerie dite «Raw Art», sise à la Sicap rue 10, à proximité du Centre de Santé Gaspar Camara, les visiteurs – dont des jeunes adolescents – étaient accueillis par un écriteau-slogan provocateur : «Pour une visibilité gay au Sénégal». Ponctuée, à l’intérieur de la galerie, de photographies d’homosexuels et de travestis, dans des postures évocatrices !
Pour ne citer que ces exemples, attestant du scandaleux accaparement, par une bande de soi-disant artistes aux mobiles obscurs, de ce patrimoine culturel national, du fait du laxisme dont s’était rendu coupable le ministère de la Culture, maître d’œuvre de la Biennale. Au point d’avoir incité le quotidien français Le Monde, à se singulariser, dans son édition du 13 mai 2014, par une titraille digne d’un journal de l’ère coloniale : «Le Dak’Art en guerre contre l’homophobie».
Il a fallu plus de dix jours d’âpres batailles, caractérisés par une saisine épistolaire du chef de l’Etat, d’une tournée de sensibilisation auprès des autorités religieuses, et d’une énergique offensive médiatique, pour que le ministère de la Culture daignasse, le samedi 31 mai 2014, fermer (prématurément) cette 11e édition du Dak’Art, qui devait officiellement être clôturé le 8 juin – mais qui aura malgré tout eu le temps porter atteinte à la santé mentale et morale de nombreux enfants !
Un ministère de la Culture est censé être la vitrine par excellence du noble patrimoine culturel et traditionnel que nous ont légué nos vaillants ancêtres. Et non un auxiliaire de la promotion des contre-valeurs et des pertes de repères, qui handicapent tant notre jeunesse.
Cela dit, JAMRA n’est pas prête d’oublier, pour avoir mis, pour les besoins du tournage du clip «Rassoul», à la disposition du chanteur-compositeur Thione Ballago Seck, les locaux de «Addawa», la «Daara» moderne de JAMRA, sise sur l’avenue Bourguiba. Le défunt président-fondateur de Jamra, Abdou Latif Guèye n’a jamais fait mystère de son admiration pour Thione Seck (son cousin à plaisanterie !), pour son répertoire musical enchâssé de thématiques hautement morales, exhortant au travail, au respect de la personne humaine ; vantant les mérites de la fidélité conjugale, du respect dû aux ascendants, et magnifiant les vertus, bien sénégalaises, de «jom» (dignité), de «fulla» (détermination) de «faïda» (fierté), de «fit» (audace). Aussi, ce fut sans se formaliser outre mesure, et même de cœur joie, que JAMRA avait accueilli l’équipe de tournage de «Rassoul», qui offrit l’opportunité aux deux chantres du Prophète (Thione et Latif) de s’apprécier d’avantage !
Un trentaine d’année plus tard, le brave fils de Thione, Wally Ballago Seck, qui a résolument entrepris de porter encore plus haut le flambeau culturel à lui légué par son vaillant père, a posé récemment un acte public, qui a fait polémique, et qui continue de défrayé la chronique. Connaissant le sens de la mesure et de la pudeur qui a toujours caractérisé cette vaillante famille, nous sommes convaincus, que l’intention du jeune Wally était loin de vouloir nuire qui que soit, encore moins de heurter les convictions religieuses des gens.
Par conséquent, la paternité locale de cette mode (de sac-à-main de femme portés par des hommes) qu’on lui prête continuant toujours de semer la confusion dans les esprits et d’alimenter une polémique inutile dans notre société, Jamra et Mbañ Gacce suggèrent au jeune Wally, dont nous ne doutons pas de la foi religieuse et de la générosité de cœur, de faire acte de grandeur d’esprit et de rétablir la paix et la sérénité dans les foyers, en se départissant volontairement de ce «sac de la discorde». Plutôt que de continuer de prêter le flanc aux inéluctables contempteurs, qui ne peuvent naturellement manquer d’émailler l’ascension fulgurante de tout jeune artiste, ambitionnant légitiment d’apporter sa pierre dans l’édification de notre patrimoine culturel.
A WALLY SECK : «Tout en te souhaitant une carrière artistique plus riche que celle de notre ami Thione, nous t’exhortons fraternellement à te défaire radicalement de cet accessoire puéril, dont l’absence ne saurait, en aucun cas, t’empêche de poursuivre sereinement une carrière prometteuse».

Dakar, le 24 janvier 2016
Les Bureau exécutif de
Jamra & Mbañ Gacce
ongjamra@hotmail.com