Il investit dans l’or et vise la certification FAIRMIND

A travers ses faits et actes qu’il pose quotidiennement, Kassa Keita, orpailleur et président du gie Foukhaba de Bantaco apporte un démenti sur ceux qui prétendent que les orpailleurs n’ont aucune considération pour la scolarisation des enfants.
Orpailleur de son état, Kassa Keita, est aussi président du gie foukhaba de Bantaco, conseiller municipal de la commune de Tomboronkoto, tomboulouma sur le site d’orpaillage de Bantaco. Marié à 3 épouses, ce polygame pétri de qualités sait accomplir avec brio toutes les missions qui lui ont été confiées.
Un homme aux multiples responsabilités
« Un leader doit être patient et tolérant. Quand on est leader, on doit souffrir avant que les autres ne comprennent là où tu veux les conduire. Un leader doit tout supporter. Je propose toujours des idées mais c’est l’assemblée valide mes propositions ou fait d’autres propositions » a-t-il confié.
C’est un pur hasard qui a conduit Kassa à la pratique de l’orpaillage
Nous avons grandi avec l’agriculture. Et nous avons tous été éduqués pour pratiquer l’agriculture. Nous ne connaissions que cette activité, C’est par hasard au cours des travaux champêtres que nous avions ramassé des pierres. C’est en pilant ces pierres et en lavant la poudre que j’ai été attiré petit à petit par la pratique de l’orpaillage. Et depuis lors, je pratique l’orpaillage et l’agriculture.
Il soutient la scolarisation des enfants
Les bénéfices tirés de l’orpaillage traditionnel lui permettent aujourd’hui d’apporter sa contribution à la scolarisation de ses jeunes frères.
« J’ai tiré beaucoup de profits dans la pratique de cette activité. Tu le sais pertinemment. Tu venais ici au village vers les années 2001, au moment où on s’engageait progressivement dans l’orpaillage. Tu peux faire la différence entre la situation de ma maison d’hier et celle d’aujourd’hui. C’est grâce à l’orpaillage que beaucoup orpailleurs comme moi sont parvenus à acheter des maisons à Kédougou et à les bâtir. C’est ainsi que nous parvenons à accueillir des élèves et à les soutenir dans leurs études. J’ai acheté des maisons à Kédougou pour mes enfants. Lorsqu’ils seront au collège, ils pourront y rester pour continuer leurs études. Actuellement j’accueille même des élèves qui ne paient ni le loyer ni facture d’électricité ou d’eau. Ils y étudient tranquillement. Je l’ai fait uniquement pour alléger la souffrance des enfants et les mettre dans de bonnes conditions de réussite » a-t-il indiqué non sans se rappeler des moments difficiles qu’il a traversés étant élève.
« Autrefois, les élèves qui réussissaient à leur baccalauréat avaient d’énormes difficultés à trouver des tuteurs à Dakar. C’est pourquoi beaucoup abandonnaient leurs études. Les enfants d’aujourd’hui ne peuvent pas supporter la souffrance que nous avions supportée lorsque nous étions à l’école. Maintenant avec nos moyens, nous parvenons à les soutenir afin qu’ils puissent poursuivre leurs études ».
Défenseur du droit des enfants
Grâce aux conseils et contacts fréquents avec le projet Alliance pour une Mine Responsable(ARM), Kassa Keita milite aussi pour l’interdiction du travail des enfants sur les sites d’orpaillage.
« Nous sommes très conscients de l’importance de la scolarisation des enfants. C’est pourquoi, nous nous sommes engagés à construire une case des tout-petits et à motiver un étudiant afin qu’il puisse s’occuper des enfants. Nous avons formellement interdit aux enfants de fréquenter les sites d’orpaillage. Nous organisons souvent des causeries sur ce sujet. Cependant, nous avons du mal à faire respecter cette interdiction par les étrangers qui vivent parmi nous » reconnait-il.
Conscient de la pénibilité de son travail qui n’est pas de tout repos et qui présente aussi beaucoup de risques à l’image des autres corps de métiers, Kassa Kéita fonde beaucoup d’espoir sur la collaboration de son gie avec le projet ARM. Il est satisfait de ce partenariat qui est à l’origine de toutes les connaissances qu’il est en train de vulgariser à ses pairs orpailleurs sur les bonnes pratiques, les pratiques responsables relatives à la mine artisanale afin d’accéder à la certification FAIRMIND.
Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com