Huit leçons sur la victoire du OUI ! Sur les Médias…Et sur Les marabouts

  1. LA PRECIPITATION ET L’IMPREPARATION DANS L’ORGANISATION D’UNE CONSULTATION : erreurs, fautes, omissions, déficit de formation des représentants et des citoyens sur le déroulement du vote, retard des accréditations…
  2. DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE EMBRIGADEES : ce qui est attendu de telles organisations c’est rester à équidistance des camps et d’expliquer aux citoyens les processus du vote et les implications du referendum. Cette fonction essentielle a été oubliée au profit de la compromission.
  3. CONFLITS D’INTERETS : lorsque les instances impliquées dans la gestion (Ministère de l’intérieur, CENA ou similaire), ou le contrôle (CNRA, ARTP ou similaire) de tout ce qui est directement ou indirectement lié au vote, est confiée à un militant actif et affiché, l’exercice de ce contrôle ou de cette gestion ne peut être analysé en dehors du champ politique, il devient de fait incontestablement générateur de conflits.
  4. CAPORALISATION OU RADICALISATION DES MEDIA : En dehors des cas de la RTS qui est en service commandé et de GFM qui s’est transformé en succursale du mouvement politique de son PDG, le caractère « entreprise » des Media et le souci des charges ont poussé les patrons de presse vers le plus grand annonceur du moment : Le Pouvoir.

De l’autre côté, celui qui ne bénéficie plus des largesses souterraines des pouvoirs, avec l’inefficacité de sa méthode face au nouveau pouvoir, se voit donner une occasion inespérée de s’ériger en victime face à une manœuvre maladroite d’un militant régulateur.

  1. RETOUR A DES PRATIQUES DE L’ERE « Mr FORAGE & Mme MOULIN » : Surfant sur les difficultés de subsistance des sénégalais, les responsables politiques proches du Parti au pouvoir on fait usage de riz et de billets de banque pour convaincre une bonne partie de la population avec la laquelle cette méthode marche.
  2. PERDRE OU GAGNER LES FOYERS RELIGIEUX NE FAIT PAS PERDRE OU GAGNER DES ELECTIONS : Nos politiciens comprendront difficilement que la consigne est inopérante, depuis plusieurs dizaines d’années. Les faveurs et mallettes en direction des seconds couteaux de foyers religieux sont loin d’être aussi efficaces que la satisfaction des besoins réels du peuple. En réalité, au sein de ces foyers, celui dont la consigne peut faire mal ne se prononcera jamais sur ces questions politiciennes et avilissantes à ses yeux.
  3. L’IMPORTANCE DE LA RESERVE MUETTE : Si en 2012, il a été noté un taux de participation 51,58 % ; aujourd’hui, le taux enregistré tourne autour de 40%, s’il est toujours vrai qu’un militant n’est jamais abstentionniste, le Parti au pouvoir devrait se poser des questions pour ne pas avoir de surprises.
  4. En utilisant le referendum comme moment d’évaluation l’efficacité de la stratégie de Phagocytose des Partis d’opposition, la plus grande leçon de ce referendum restera la leçon que le Parti au pouvoir et son chef en tireront, ils ont le choix entre le triomphalisme face aux opposants et l’analyse lucide de ce OUI mais… des Citoyens Ordinaires.

Ngor Diouma Dione

Sociologue Spécialiste des Organisations

2 Comments

  1. Interrogations sur les nouvelles lois votées.

    Pour comprendre: une explication. Quittons les passions exacerbées par les battages médiatiques pour nous interroger.
    Au lendemain de ce 20 Mars 2016, supposons qu’un groupe d’homosexuels décide de déposer une autorisation de marche à la place de l’indépendance.
    Ils sont sénégalais. Ils sont citoyens. C’est leur droit.
    Il n’y avait qu’un seul risque: c’est que la population s’y oppose. Or, depuis le 20 Mars 2016, une nouvelle loi (loi 25-3) vient de dire que tout citoyen est « tenu de respecter le droit d’autrui ». La population n’a donc plus le droit de s’y opposer parce qu’une nouvelle loi a dit qu’elle est tenue de « respecter ce droit d’autrui ». Peut être que la même population n’a jamais eu le droit de s’y opposer, mais cela n’était pas constitutionnalisé.
    Si donc un groupe d’homos décide d’organiser cette marche, toute opposition au Sénégal serait une opposition hors la loi. Si le préfet s’y oppose il ne pourrait pas fonder son refus sur la loi. Et mieux, parce qu’on est en face d’un groupe de citoyens menacés dans leur droit, l’état est tenu de les protéger et de les laisser jouir de leur droit. Les forces de l’ordre serait alors tenues, au nom de la nouvelle donne de Mars 2016 de protéger cette marche. Ce groupe pourrait choisir de marcher sur 50 mètres à la place de l’indépendance. Les forces de l’ordre seront obligées de boucler les lieux pour leur permettre de faire leur marche, et les protéger de la menace de ceux qui veulent violer la nouvelle constitution en son article 25-3 pour leur priver de leur droit.
    Mais pourquoi un groupe d’homos prendrait-il ce risque, me diront certains. Il le prendrait juste pour le symbolisme.
    Aux croyants sénégalais je rappelle que nos religions ont parlé du prophète Loth et des anges venus détruire Sodome et Gomorrhe. Mais nous savons que deux ans (ou plus) avant l’arrivée de ces anges, c’était bien un prophète Loth qui vivait avec des voisins homos. Il n’y a donc pas de problème pour le musulman ou chrétien pour vivre avec un voisinage homo. Mais le problème actuel est un problème d’homosexualité militante. Et c’est ce militantisme qui justifie le fort besoin du symbolisme. Ce groupe d’homos désirerait donc faire cette marche pour le symbolisme. On pourra dire la forteresse Sénégal, imprenable à marches homos, à cause de ses 98% de musulmans et chrétiens, est prise. Une marche de 30 mn sur 50 mètres, juste pour qu’on ne puisse plus dire « jamais ». Un symbolisme.

  2. Un religieux homme politique Président du Parti de la Vérité a appelé à l’abstention. Et la majorité l’a entendu. Revoyez vos analyses?

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