Gouy Gui blâmé pour son geste par les professionnels de la Lutte

Qui blâmer dans le simulacre de combat qui a opposé Ama Baldé à Gouy Gui lors de la 3e journée du Tournoi de la Tnt dimanche dernier ? En attendant la suite qui sera donnée au recours introduit par le lutteur de l’école de lutte Mor Fadam, les spécialistes mettent surtout en cause le manque de professionnalisme de Gouy Gui dans ce combat. Au moment où d’autres relèvent que c’est l’image de la lutte qui en prend un coup dans ce contexte de rareté des combats de grandes envergures.

Si la montagne a accouché d’une souris lors du combat revanche tant entendu entre Ama Baldé et Gouy Gui pour la troisième journée de la Tnt, c’est surtout parce que le lutteur de l’école Mor Fadam a bien fait fi du règlement qui régit la lutte. C’est du moins le sentiment qui se dégage au lendemain du simulacre de combat conclu après 5 secondes par le lutteur de l’écurie Falaye Baldé.

Le «Baobab» de Thiénaba a, en effet, beau clamé qu’il n’était pas prêt au moment du coup de sifflet de l’arbitre, il n’est pas arrivé pour autant à convaincre les spécialistes de la lutte. C’est le cas du chroniqueur Ngagne Diagne de la Rfm qui déplore la non maitrise du règlement par certains lutteurs.

«Ama Baldé a fait ce qu’il fallait faire. Il est allé à l’attaque au coup de sifflet de l’arbitre. Chapitre 7, article 41. On doit inculquer le règlement aux lutteurs », souligne t-il au moment où d’autres soutiennent que Ama aurait dû attendre son adversaire terminer son «diat» (incantation) pour engager le combat. Ou encore que Gouy Gui a tout bonnement joué à la comédie après avoir reçu le coup de poing de son adversaire.
Ce genre de combat n’est pas en effet une première dans la lutte.

Si le règlement a bien évolué, on se rappelle que dans un passé lointain, le même cas s’était produit lors du deuxième combat entre Baboye à Tapha Guèye, dans les années 90, avec au bout une victoire très controversée du Pikinois. Quoiqu’il en soit, l’image véhiculée par la finale de la Tnt n’engage pas l’avenir de la lutte. «Ces genres d’attitude ne desservent pas la lutte. C’est l’image de Gouy Gui qui risque d’en pâtir. Il a commis une faute professionnelle qui est inacceptable aux yeux des amateurs. Trouver un autre combat peut s’avérer difficile pour le lutteur», soutient Ngagne Diagne.

L’ancien lutteur, Boy Kaïré n’a lui pas manqué de blâmer le lutteur. «Gouy Gui doit revoir ses habitudes. Il a bien évolué sur sa communication. Mais il lui reste à faire autant sur le plan technique pour montrer qu’il a progressé », indique-t-il. Dans ce contexte de rareté des sponsors et des combats de grande envergure, il suffit toutefois de s’interroger si le déroulement de ce combat n’aura pas fini de porter un coup à l’image de la lutte comme beaucoup l’ont laissé entendre.

Mettant l’attitude de Gouy Gui sur le compte d’un incident, Boy Kaïré de renchérir : « Ce n’est pas seulement propre à la lutte. Il faut arrêter de parler de crise dans la lutte. Cette saison, l’agenda de la saison est rempli de combats. Si on parle de crise, il faut le voir du côté des Tenors »

Sud Quotidiens