Gérard Sénac, PDG d’EIFFAGE Sénégal…L’entrepreneur mécène

Par Christine Holzbauer
Non seulement les trois premières lettres de son nom commencent par « SEN » comme dans Sénégal, mais entre Gérard Sénac et le pays de la Téranga, c’est un lien indéfectible qui s’est créé. Dans le très beau bâtiment classé du siège d’Eiffage Sénégal, dans le quartier du port à Dakar, son alter ego, Alioune Badiane, entre et sort à sa guise de son bureau où trône une imposante collection de masques africains. « Cela fait vingt-cinq ans qu’Alioune et moi, nous fonctionnons en binôme, martèle le PDG d’Eiffage Sénégal. Il est tout ce que je ne suis pas !». De fait, le polytechnicien devenu DGA de la filiale sénégalaise de l’ex société française de Btp Fougerolle, – installée au Sénégal depuis plus de 80 ans -, complète à merveille l’homme de terrain et l’excellent commercial qu’est resté Gérard Sénac. « Quand je suis arrivé à Dakar, il y a vingt-six ans, c’était pour fermer la filiale Sénégal. Ce que j’avais fait les années précédentes au Cameron, Gabon et Cote d’Ivoire. Ma chance, c’est d’avoir réussi à convaincre la direction de l’époque de me faire confiance ». Il entreprend, alors, une vaste opération de charme : « il n’y a pas un ministre, un secrétaire d’Etat, un directeur de cabinet que je n’ai rencontré, personnellement, depuis que j’ai débarqué d’Abidjan, en 1989», se souvient ce fils de Sérignac (près d’Agen) qui a commencé comme conducteur de travaux et est, aujourd’hui, installé aux Almadies, le quartier huppé de Dakar.
Plus que la réussite sociale, ce sont les rencontres qui ont séduit Gérard Sénac. « Je me suis littéralement reconstruit ici grâce à des amis sénégalais comme le sculpteur Ousmane Sow dont la rigueur morale est légendaire», confie-t-il. Cet amour du pays, doublé d’un grand sens de la responsabilité à l’égard de ses quelque 1000 employés, l’ont très vite rendu populaire. Le troisième groupe hexagonal de BTP rafle marché sur marché, au Sénégal, pays dont il a fait, rapidement, sa tête de pont en Afrique. Que ce soit dans la construction de routes, l’assainissement ou la réhabilitation d’ouvrages d’exception, la filiale sénégalaise excelle : réalisation du port de Dakar, réhabilitation du pont Faidherbe à Saint-Louis et, surtout, autoroute de l’Avenir, entre Dakar et Diamniadio. Ce contrat, signé en 2009, est le premier partenariat public-privé (PPP) jamais établi en Afrique subsaharienne. Il est aujourd’hui cité en exemple partout. Après l’inauguration d’un premier tronçon en 2011, l’autoroute à péage est inaugurée le 1er août 2013 par Macky Sall « qui rend hommage à son prédécesseur », note avec satisfaction Gérard Sénac. En février 2015, c’est l’agrément pour la construction du troisième tronçon long de 16,1 kilomètres devant relier le nouvel aéroport international. Tandis que la Société Eiffage de la Nouvelle Autoroute Concédée (la SENAC) assure l’exploitation commerciale jusqu’en 2039.
Il insiste que c’était l’idée de Jean François Roverato, le PDG d’Eiffage en France, de donner son nom à la société d’exploitation : « je suis déjà devenu un homme public par la force des choses. Si, en plus, j’avais un égo ! , commente-t-il, goguenard. Tout en reconnaissant « avoir été ému aux larmes» lors du sommet de la francophonie quand la plupart des chefs d’Etat africains, qui ont emprunté « son » autoroute pour se rendre au Centre de conférence de Diamniadio, n’ont pas tari d’éloge. Reconnu comme l’une des « icônes » du mécénat d’entreprise au Sénégal, cet esthète qui a contribué à lancer nombre de jeunes peintres africains, a présidé à deux reprises la Biennale de l’Art africain (Dak’Art). Lui, ne peut pas concevoir son rôle de bâtisseur en Afrique sans une forte implication que ce soit dans le domaine des arts, de la santé ou du sport. « J’ai la chance d’être secondé par mon épouse, Barbara, qui s’implique beaucoup sur le plan social », explique ce conseiller consulaire pour la circonscription de Dakar qui est aussi Conseiller et Président d’honneur pour le commerce extérieur (CCEF) au Sénégal. A l’attention des chefs d’entreprises français qui voudraient suivre sa trace, il n’a qu’un seul mot : « Foncez, restez humble et apprenez la patience pour saisir toutes les opportunités qu’offre le continent ! » ; le tout avec pugnacité.
EIFFAGE Sénégal et la RSE
Les actions de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) de la société dirigée par Gérard Sénac visent également à réhabiliter ou préserver le patrimoine culturel du Sénégal. En voici quelques exemples récents qui ont entièrement été financés par EIFFAGE Sénégal :
Inauguration de la « Voix du Nord »: Véritable lien ombilical entre le Sénégal et la Mauritanie, la Radio Régionale de Saint-Louis, après avoir complétement été refait à neuf, a été inaugurée le 18 décembre 2014, par le ministre de la Culture et de la Communication du Sénégal. La cérémonie animée par les chanteurs Abdou Guité Seck et Baaba Maal, s’est déroulée en présence de nombreuses autorités notamment Mansour Faye, Maire de la Ville de Saint-Louis, Jean Félix-Paganon, Ambassadeur de la République Française au Sénégal et Gérard Sénac, PDG d’Eiffage Sénégal. Les ministres malien et mauritanien de la Communication avaient également fait le déplacement. Le Ministre Mbagnick Ndiaye a, par ailleurs, émis le vœu de voir, à Saint-Louis, l’érection d’un Musée de la Communication, dans l’optique de sauvegarder la mémoire des hommes qui ont marqué l’Histoire de la radio au Sénégal. « Je souhaite voir ce Musée se réaliser au cours des cinq prochaines années, pour sauvegarder la mémoire des hommes qui ont symbolisé la Communication ». .
• Inauguration du Musée Léopold Sédar Senghor : Sur demande du Président de la République, qui a amené ses pairs et notamment le président français François Hollande lors du sommet de la francophonie, l’ancienne Maison du président Léopold Sédar Senghor a été réhabilitée par EIFFAGE pour devenir le « Musée Les dents de la mer ». Le 20 décembre 2014, une soirée animée par Ismaël Lô y a été organisée pour fêter l’ouverture au public. Dans la Maison du Président Poète, on retrouve ses cadeaux de voyage, sa bibliothèque ou encore ses effets personnels restés tels quels afin de recréer l’ambiance qui y régnait lorsque Senghor y vivait.

Partenariat Eiffage Dakar Sacré Cœur : Le 14 janvier 2015, Eiffage Sénégal a procédé à la signature d’un protocole d’accord de partenariat avec le Complexe Sportif Dakar Sacré Cœur (DSC) lors d’une cérémonie solennelle dans l’enceinte du complexe. L’Entreprise a contribué à la réalisation du nouveau terrain synthétique de Dakar Sacré Cœur. En retour, les salariés de l’Entreprise auront des avantages dans le Complexe DSC. Entre autre, la mise à disposition de créneaux horaires pour les entrainements de l’équipe de football « Maison » ainsi qu’une réduction pour la cotisation à l’École de football pour les enfants du Personnel. Lors de leurs allocutions respectives, Alioune Badiane, DGA d’Eiffage Sénégal et Mathieu Chupin, Manager Général de DSC, ont tous deux manifesté leur satisfaction de signer ce document qui est la continuité d’un partenariat de longue date. En marge de cette cérémonie les 12 équipes participantes au Tournoi RSE 2014 ont procédé à l’échange de leurs fanions entre les représentants des équipes, en présence de Philippe Barry, Président de RSE Sénégal.

Eiffage préserve le Bien Commun : Enfin, le 3 février 2015, les équipes d’Eiffage Sénégal et du Ministère du Renouveau Urbain, de l’Habitat et du Cadre de Vie ont effectué une tournée sur les aménagements de la VDN de Dakar. La délégation conduite par Yatma Gueye, Directeur de Cabinet du Ministre et Mame Gallo Seck, Ingénieur Chef de Projet à Eiffage Sénégal, a pu constater certains axes dégradés par la population et sur lesquels Eiffage a entrepris des travaux complémentaires. Cette visite fait suite aux aménagements qui avaient été effectués par l’Entreprise lors du Sommet de la Francophonie et permet surtout, selon la société, « de sensibiliser la population sénégalaise à la préservation du Bien Commun » en améliorant le cadre de vie.

Marathon Eiffage : les 13-14 Février 2016, il sera organisé un Marathon International à Dakar. Pour préparer ce marathon, les furets d’Eiffage ont effectué un stage sportif et éco citoyen d’une semaine à Djilor. Ce stage, motivé par un envie d’échanges, a permis aux acteurs de s’engager dans une démarche sociale : un kit stadium pour les enfants et la construction d’un bâtiment en voute nubienne pour le GIE des femmes Nandoor. A la fin de ce stage, les furets ont participé à la 20ème édition du semi-marathon de la Somone, organisée par le club « les caïmans de Dakar ».