Entretien : L’Etat veut développer la pêche continentale à Kédougou

En marge de sa tournée dans la région de Kédougou, le reporter de xibaaru.com s’est entretenu avec M Mahamadou Signaté, le directeur de la pêche continentale.
Quels sont les objectifs de cette mission, la pêche a-t-elle un avenir dans la région de Kédougou ?
« Cette tournée entre dans le cadre de l’application du Plan Sénégal Emergent (PSE). C’est le président de la République M Macky Sall qui nous a demandé de tout faire pour faire l’état des lieux afin d’évaluer le potentiel existant pour développer la pêche continentale. Nous avions visité plusieurs localités de la région de Kédougou, Madina baffe, Samécouta, Itato Tomboronkoto, Saraya entre autres). Avec le volume et la quantité de poissons qu’il est possible de produire dans cette région, on ne peut pas envier la pêche maritime. Il faut seulement encadrer cette pêche continentale qui se pratique dans les fleuves les mares les lacs. Dans l’approche que nous allons mettre en œuvre, nous signerons des conventions de partenariats avec le PRODAC ».
Quels sont les obstacles au développement de la pêche a-t-elle dans la région de Kédougou ?
« Cela suscite beaucoup d’espoir pour le développement de la région de Kédougou. Les zones concernées par l’avenir se trouvent dans la brousse, la terre, dans l’eau, il faut que les jeunes prennent conscience de cette richesse. Les seuls goulots d’étranglement qui freinent le développement de cette activité sont surtout liés à l’accessibilité de certaines zones encore très enclavées. Il faudrait dès lors développer les pistes de production. Le potentiel est là, le fleuve Gambie, le fleuve Sénégal et leurs affluents ».
Quelles stratégies mettre en œuvre pour développer la pêche continentale à Kédougou ?
« Il faudrait occuper le terrain en affectant des agents qui vont encadrer les pêcheurs. Nous allons nous efforcer à faire ce plaidoyer auprès de la hiérarchie. Compte tenu de l’exploitation artisanale de l’or, notamment avec l’utilisation de certains produits chimiques, il va falloir se rendre dans ces milieux, faire analyses pour confirmer ou infirmer ce postulat de pollution des eaux. Si le cas s’avère vrai, il va falloir que ces orpailleurs changent de milieu de déversement de ces produits. Nous allons sensibiliser les pêcheurs pour qu’ils puissent savoir ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas, les informer. Il y aura des répressions pour les plus récalcitrants. Nous avons déjà un agent sur place, des matériaux de Pêche seront distribués aux pêcheurs .Nous avions envisagé de développer la pisciculture, d’encadrer les pêcheurs. Il y aura un appui pour que la pêche puisse se développer. C’est une politique du président qui veut que les populations puissent consommer localement du poisson. Pour que cela soit possible, il faudrait qu’il y ait une production locale sur place destinée d’abord à la consommation locale et éventuellement à la commercialisation »
Propos recueillis par Adama Diaby à Kédougou pour xibaaru.com