Eclairage de Momar Diongue, analyste politique : «Une fusion-absorption Apr-Afp n’est pas à exclure»

«Je pense qu’il faut reconnaître que depuis sa création par Moustapha Niasse en 1999, l’Afp me semble avoir quand même rencontré énormément de difficultés.  Et il me semble que c’est un parti qui était d’abord structuré en présidents de groupe de contacts. Il y en avait 4. Madieyna Diouf, Maguette Camara, Cheikh Ndong et Moustapha Niasse. Vous voyez donc que c’était un parti qui, autour des amis et des compagnons de Moustapha Niasse, reposait sur 4 piliers présentés comme des présidents de groupe de contact et, à un moment donné, trois ont tous démissionné du parti.

L’Afp est un parti qui, au fil du temps, a vu de gros responsables partir. Maintenant, Malick Gackou est parti avec la responsable nationale des femmes, Mata Sy Diallo, le responsable national des jeunes (Ndlr : Malick Guèye). Le numéro 2 du parti aura pris une bonne partie de l’Afp. Et d’ailleurs, c’est parce que Macky Sall lui-même, en tant qu’allié de Moustapha Niasse, s’est rendu compte qu’actuellement, il y a un phénomène de migration de militants de l’Afp qui est en train de se faire vers le Grand parti de Malick Gackou, surtout dans son bastion de Kaolack, que Mimi Touré en tant qu’envoyée spéciale s’est déportée vers Kaolack pour arrêter le mouvement qui est en train de s’opérer. Il fallait qu’elle soit envoyée en mission à Kaolack pour arrêter le phénomène de démission de militants de l’Afp qui se fait essentiellement au profit de Malick Gackou du Grand parti et, dans une moindre mesure, au profit de Abdoul Mbaye qui a créé son parti et qui est originaire de la région de Kaolack. 
Je ne vois pas l’Afp survivre à cette alliance avec l’Apr, parce que la logique de Moustapha Niasse est claire à ce niveau. Il a mis entre parenthèses toute ambition à l’intérieur de son parti, et lui-même engage son parti à soutenir sans faille et entièrement le Président Macky Sall. Il va jusqu’au bout avec cette logique. Je n’exclus même pas que Moustapha Niasse, en se rendant compte qu’il doit quitter  la scène politique, ne rechigne pas à accepter pour Macky Sall ce qu’il avait refusé à Wade, c’est-à dire une fusion-absorption Apr-Afp. Aujourd’hui, il est tellement engagé dans son soutien à Macky Sall et croit avoir atteint son summum de tout ce qu’il pouvait espérer en tant que deuxième personnalité de l’Etat, que je ne vois pas son parti survivre à l’alliance avec l’Apr. L’Afp est un parti qui est considéré uniquement comme quasiment un patrimoine personnel.»