Discours de Mankeur au sommet Inde-Afrique

Excellence, Madame le Ministre Sushma SWARAJ
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres et chers collègues
Monsieur le Vice-Président de la Commission de l’Union Africaine
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Je voudrais, tout d’abord, adresser à Madame le Ministre Sushma Swaraj et à sa dynamique équipe mes remerciements et lui exprimer ma gratitude, pour l’accueil chaleureux et les délicates marques d’attention dont ma délégation et moi-même sommes l’objet depuis notre arrivée, ici, en Inde, pays uni au continent africain par de solides liens historiques et avec lequel nous partageons les mêmes idéaux d’humanisme, de démocratie et de paix.
En effet, l’Afrique, comme l’Inde, connait aujourd’hui des performances économiques importantes qui la placent comme la région ou la croissance économique est la plus importante dans le monde. De même, l’Inde et l’Afrique sont confrontées aux défis de la pauvreté, du changement climatique, de la gouvernance mondiale, du déséquilibre du commerce international, du terrorisme et de l’extrémisme violent.
Au plan politique et diplomatique, l’Afrique et l’Inde jouent des rôles importants sur la scène internationale, rôles qui pourraient davantage se renforcer si notre coopération politique se développe au niveau des instances et/ou organisations internationales, en s’appuyant sur des mécanismes de concertation régulière et efficace sur les questions d’intérêt commun.
L’impact d’une concertation diplomatique, fruit d’une coopération politique volontariste, serait considérable sur des dossiers comme le changement climatique, la gouvernance mondiale, les négociations commerciales, entre autres.
Dans cet esprit, ce Sommet doit être un cadre privilégié pour des engagements forts et déterminants, de part et d’autre, pour donner au partenariat entre l’Afrique et l’Inde un nouveau tournant décisif qui nous permet d’espérer des positions communes ou rapprochées sur les questions comme la réforme du Conseil de sécurité, le développement durable et le commerce international.
Donc, ensemble, l’Afrique et l’Inde peuvent influer efficacement sur le destin du monde.
Au plan économique et commercial, le Sénégal est d’avis que l’Inde est et restera un partenaire privilégié pour le continent africain. Les chiffres de 100 milliards de dollars US attendus en fin 2015 pour les échanges commerciaux et les 50 milliards de dollars investis, ces dix dernières années, par les entreprises indiennes en Afrique, peuvent bien être dépassés.
Pour cela, l’approche et la mise en œuvre de ce partenariat économique entre l’Afrique et l’Inde méritent d’être revues en vue de permettre à nos pays de tirer un meilleur profit de l’expertise et de l’expérience indiennes dans des secteurs aussi stratégiques pour l’Afrique que l’agriculture et l’agro-industrie, les infrastructures, les technologies de pointe, l’énergie, la santé, etc.
En effet, nous devons ensemble réfléchir à de meilleurs mécanismes et outils devant aider à accroitre et diversifier les investissements privés indiens dans le continent africain et ce, en tenant compte des priorités de nos Etats.
A cet effet, le Sénégal pense que deux voies, parmi d’autres, peuvent être suivies pour atteindre cet objectif :
1. Mettre en place un dispositif devant faciliter et encourager l’implication du secteur privé indien dans la réalisation des projets majeurs et prioritaires en Afrique, identifies par la NEPAD.

Le Sommet sur le financement des infrastructures en Afrique tenu le 15 juin 2014 à Dakar a adopté le «Dakar Agenda for Action», un solide plan pour le financement et la mise en œuvre de programmes régionaux d’infrastructures en Afrique. Ce Plan contient seize (16) projets d’infrastructure tirés du « Programme de Développement des Infrastructures en Afrique » (PIDA) et sélectionnés en raison de leur importance stratégique, politique et économique comme projets phares pour les différentes régions africaines.

On pourrait citer notamment, parmi ces projets, la modernisation de la ligne de chemin de fer Dakar-Bamako, le projet hydro-électrique de Sambangalou, le gazoduc Nigeria-Algérie, le corridor de transmission de l’Afrique du Nord, entre autres.
Ainsi, notre partenariat avec l’Inde devra aider à orienter les investissements indiens vers ces projets africains.
2. Trouver un mécanisme adapté permettant aux secteurs privés indien et africain de se retrouver régulièrement, par domaine spécifique, en vue d’échanger sur les opportunités d’affaires et de partenariat en Afrique et en Inde, pour la création de joint-ventures, une bonne approche pour le transfert de technologie et le développement de l’innovation dans des secteurs comme les TIC, l’énergie, l’agro-industrie et la santé.
Pour terminer, l’Inde a besoin du continent africain pour soutenir son économie en pleine croissance, comme l’Afrique, nouvelle et dynamique, a aussi besoin de l’Inde pour réussir sa révolution agricole et son industrialisation.
Je vous remercie.