Des centaines d’artistes au Sénégal pour la 12e biennale Dak’Art

La douzième édition du Dak’Art, une des plus importantes manifestations des arts visuels en Afrique, organisée tous les deux ans au Sénégal, a été lancée mardi et rassemblera plusieurs centaines d’artistes et professionnels des arts durant un mois.
L’exposition internationale qui rassemble 66 artistes, est baptisée « Réenchantement », un titre « étroitement lié au thème général de la biennale, qui invite les artistes, et au-delà tous les Africains, à inventer de nouvelles pistes pour réenchanter le monde et le continent », selon le site de la manifestation.
« L’Afrique, le rêve utile d’une Afrique libérée et responsable d’elle-même, le rêve d’un continent dont les fils ont chanté et dansé la liberté retrouvée au moment des indépendances, pris dans l’enchantement d’un avenir à réinventer, a connu des hauts et des bas », explique le texte, appelant à retrouver une « nouvelle énergie, une nouvelle créativité, un nouvel élan ».
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée au Grand Théâtre national de Dakar en présence du président Macky Sall, ont rapporté les médias publics.
Outre le programme officiel, le volet « off » du Dak’Art permettra à quelque 280 artistes de présenter leurs œuvres à Dakar, Saint-Louis (nord) et d’autres villes du pays.
« On vient d’abord soutenir l’événement parce que c’est une grande fête panafricaine. C’est un devoir et une obligation pour nous de venir voir la création contemporaine africaine », a déclaré à l’AFP le Malien Igo Lassana Diarra, fondateur de la galerie Médina de Bamako.
Selon un collectionneur belge, Charles Adriaenssen, « l’art est devenu une espèce d’objet de consommation et les gens se lassent. Ils ont connu les peintres anglais, ils ont connu les grands allemands, ils ont connu l’art américain, et maintenant peu à peu ils cherchent des nouvelles sensations ».
« C’est le côté le moins sympathique, le plus intéressé », a-t-il estimé, se félicitant en revanche du fait que « l’art africain est terriblement vivant, il est encore très proche de ses racines, de son folklore, de ses déchirements ».
« Donc les gens ont raison de venir parce qu’il y a un art qui est fort et original », a-t-il conclu.
La première édition de Dak’Art a été organisée en 1992, après une rencontre dédiée deux ans auparavant aux lettres.