Déclaration de l’AIMM face à la situation explosive dans un village

L’Association internationale pour Médina-Mary (AIMM) exprime sa vive préoccupation face à la tension autour d’une mosquée, qui prévaut, depuis près d’un an dans le village de Sinthiang Saby, plus connu sous le nom de Sandaga, situé à km à l’ouest de Vélingara, le chef-lieu de département.

Cette tension entre musulmans sunnites de la confrèrie des Tidjane, fondateurs du village, et une famille de salafistes, qui aurait des ramifications en Gambie voisine, est née à la suite d’un problème de reconstruction de la mosquée centrale à la place publique du village.

L’année dernière, le sous-préfet de Saré Colly Salé avait saisi du différend, après l’opposition de la famille salafiste que les émigrés du village reconstruisent l’ancienne mosquée qui était sur place, depuis une soixantaine d’années. A la suite de la médiation du sous-préfet, les deux parties avaient convenu, ensemble, sous son autorité, de détruire et de reconstruire ensemble la mosquée. Mais, aussitôt après la destruction, la partie salafiste, qui serait fortement soutenue par un riche homme d’affaire gambien, est revenue sur sa décision, jurant que désormais, il n’y aurait plus de mosquée sur le site, et qu’elle seule construirait une mosquée dans une concession. Elle servirait aussi de mosquée centrale à tout le village. Du coup, la localité s’est retrouve sans mosquée.

Les nombreuses démarches des sunnites auprès de l’administration territoriale n’ont pas permis, à ce jour, de reconstruire l’ancienne mosquée à la place publique, et l’attitude du sous-préfet, leur apparait de jour en jour, comme suspecte.

Il y a un plus de deux semaines, un membre de la famille salafiste, émigré en France, serait rentré au village, pour dit-il, empêcher à tout prix, la reconstruction de l’ancienne mosquée.

De manière publique et solennelle, il aurait menacé l’administration, et défié quelque autorité qu’elle soit, à se rendre au village pour la reconstruction de la mosquée, ajoutant qu’il y aurait effusion de sang, ce jour-là.

L’AIMM lance un appel aux autorités Sénégalaises au plus haut niveau, particulièrement au ministre de l’Intérieur  et de la Sécurité publique, garant de l’ordre républicain, à trouver une solution à cette crise qui est sans précédent dans l’histoire de l’Islam au Sénégal.

Aussi, pour la première fois au Sénégal, des centaines, voir des milliers de citoyens et de citoyennes  sont privés d’un lieu de culte, en violation flagrante de la Constitution, qui reconnait, à chaque citoyens, la liberté de culte, et le droit de l’exercer librement. Or, les populations de Sinthiang Saby vivent privées de ce droit, depuis près de 12 mois, au point que même en cas de décès, les populations sont obligées de faire la prière mortuaire dans la maison du défunt.

Face à cette situation, l’AIMM propose de désaisir ou tout le moins, d’adjoindre une autorité au sous-préfet, chaque minute nous rapprochant d’un possible affrontement entre les deux camps, pouvant entrainer mort d’homme. Surtout que la zone serait infestée de salafistes.